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Drapeau, symboles et nombres sacrés des Êzîdî: analyse approfondie
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Politiquement et historiquement honnête. Validé par de multiples sources. Tabou du Sirr respecté. État: 2026-05-22
Remarque méthodologique: Là où les déclarations des Êzîdî sur eux-mêmes et le consensus académique divergent, cela est explicitement signalé. « Tradition communautaire » est indiqué là où une affirmation est établie dans la diaspora êzîdî, mais où il n’existe aucune source évaluée par les pairs à ce sujet. Recherche en 13 langues: allemand, anglais, russe, arabe, turc, arménien, kurmancî, persan, français, italien, biélorusse, néerlandais, géorgien.
Remarque préliminaire importante sur le drapeau: Il n’existe aucun « drapeau national êzîdî officiel » uniformément reconnu dans la vexillologie académique. La fonction du Mîr n’a à ce jour codifié aucun emblème souverain. Ce qui circule sous le nom de « drapeau êzîdî » sont plusieurs designs coexistant en parallèle, d’origines nettement différentes, qui sont ci-après distingués les uns des autres avec précision.
PARTIE 1: Histoire du drapeau: chronologie précise

Drapeau international êzîdî: soleil rouge à 21 rayons sur fond blanc avec élément de paon (design moderne). La variante textile ne s’est imposée qu’au XXe siècle; auparavant dominaient les Sancak (étendards) et les insignes sacrés. · Licence: CC BY-SA 4.0 · Source: Wikimedia Commons
1.1 Période pré-textile: le Sancak comme signe souverain et sacré originel
Avant qu’un drapeau textile n’existe, le Sancak / Senjak / Sincaq / Sancak Taûs, une statuette de paon en bronze sur un socle muni de lampes à huile d’olive, était le seul « signe souverain » mobile et documenté chez les Êzîdî.
Position théologique: Selon la tradition êzîdî, les Sanjaks furent façonnés par l’ange-paon Tawûsî Melek à sa propre image et confiés à la communauté (Spät, The Sanjak of the Peacock Angel; Yezidi Truth; Yezidi Religious Tradition). Ils sont considérés comme la manifestation matérialisée de l’ange suprême, non pas un simple symbole, mais une présence active.
Nombre: sept Sanjaks, sept districts:
Selon la tradition orale, il existait sept paons de bronze/cuivre originels, chacun attribué à une région Sanjak (du turc sancak = « district, bannière »). Les sept régions étaient:
- Sheikhan (Şêxan), région principale autour de Lalîş, nord de l’Irak
- Sinjar / Şingal (Shangal)
- Halab / Alep: nord de la Syrie
- Tabriz / Tebriz: ouest de l’Iran (région de l’Azerbaïdjan)
- Walatê Xalta: région du « pays des Xalta » (Hakkârî, sud de la Turquie)
- Sarhad: région frontalière de la diaspora du Caucase
- Moskovî / Russie: diaspora du Caucase (Arménie, Géorgie)
(Source: Êzîdîpress russe 2016 « Езидская геральдика и национальные символы »; Spät; Yezidi Truth)
Tawûsgêran, « Parading of the Peacock » (procession du paon): Les Sanjaks étaient portés lors d’une procession pré-moderne par les Qewals (chanteurs religieux héréditaires issus des deux groupes Dimlî (kurmancîphone) et Tazhî (arabophone), tous deux de Başîqa et Bahzanê) à travers les villages êzîdî de leur district. Les Qewals récitaient des Qewls (hymnes) et interprétaient les mythes êzîdî. C’était la forme centrale de l’enseignement religieux avant la canonisation écrite. Le Tawûsgêran fut relancé sous une forme réduite après 2014.
Conservation: Les Sanjaks étaient conservés dans le sanctuaire de Lalîş ou dans le palais du Mîr à Baadre / Baʿadrê (appelé aussi « palais de la paix, Ali Bey » dans les sources êzîdî) (Êzîdîpress FR 2016; Yazda).
Pertes en 1892: Sous l’Ottoman Omar Wahbi Pacha, cinq des sept Sanjaks furent dérobés, en lien avec la transformation de Lalîş en madrasa et la conversion forcée du Mîr Mîrza Beg. Aujourd’hui, selon la tradition êzîdî, il n’existe plus que trois Sanjaks (Spät; Yazda; Yezidis International).
Tabou du Sirr: La consécration intérieure des Sanjaks et les détails rituels précis ne sont traditionnellement pas décrits. Des photographies circulent, mais la consécration intérieure reste dans le Sirr.
1.2 Blason d’Êzîdîxan aux deux paons (ancien, pré-drapeau)
Le signe souverain êzîdî le plus ancien probablement attesté est, selon Êzîdîpress (russe 2016), non pas un tissu, mais un relief taillé dans la pierre au-dessus de l’entrée du temple de Lalîş: deux paons se faisant face, et entre eux le symbole de l’arbre du monde. Ce motif est décrit dans la littérature êzîdî russophone et francophone comme « le plus ancien blason du monde ».
En complément, certaines versions d’Êzîdîpress mentionnent aussi deux lions se faisant face comme élément héraldique supplémentaire.
D’un point de vue académique, la datation est difficile, car l’architecture de Lalîš, dans sa forme actuelle, est classée comme médiévale-mossouliote (XIIe–XIIIe siècle, parallèle aux types de mausolées chiites) (Mesopotamia Heritage).
1.3 « Drapeau originel » pré-génocide (avant 1832: tradition communautaire)
Design (transmis): tissu blanc avec un soleil doré/jaune au centre.
Lecture théologique:
- Blanc = pureté, paix, Cilê Spî (tenue rituelle blanche des dignitaires Şêx, Pîr et Feqîr)
- Soleil jaune = Roj, manifestation de la lumière divine; selon une lecture êzîdî, il symbolise les plumes déployées du paon de Tawûsî Melek
Constat de critique des sources:
- Établi dans la diaspora êzîdî comme « ancien drapeau », Êzîdîpress, médias êzîdî, Êzîdî-Heritage.
- Pas attesté de manière univoque sur le plan académique avant le XIXe siècle. La recherche dans les récits de voyage de Layard (à partir de 1839), Badger (1842–45) et Çelebi (XVIIe siècle) n’a donné aucune description univoque d’un drapeau textile êzîdî avant 1832. Ce que ces voyageurs décrivent, ce sont des Sanjaks, des sanctuaires, des tenues blanches, aucune bannière cousue.
- La tradition arménienne de Wikisource le formule ainsi: « Le drapeau des Êzîdî était blanc avant la bataille de Karbala; après Karbala, en signe du sang rouge versé, il devint blanc et rouge » (hy.wikisource: histoire populaire yézidie). Cette tradition est peut-être historiquement peu fiable, mais elle constitue un important constat d’auto-déclaration êzîdî, montrant que la symbolique « rouge = sang des martyrs » est profondément ancrée.
Statut: tradition communautaire à forte valeur émotionnelle, sans source primaire d’archive.
1.4 Extension liée au génocide blanc+rouge (XIXe/XXe siècle, tradition communautaire)
Après les grands Fermane du XIXe siècle (1832–34 génocide de l’émirat de Soran / Mîrê Kor, 1892 massacre d’Omar Wahbi avec 5 Sanjaks perdus), la tradition du drapeau se déplace dans la mémoire êzîdî: le blanc subsiste comme couleur de pureté et de tenue, le rouge s’ajoute en tant que sang des martyrs. Un drapeau textile unifié de cette période n’est pas attestable – ce qui était utilisé, c’étaient des bannières régionales avec soleil, parfois avec paon, isolément rouge-blanc dans la diaspora.
1.5 Premier drapeau êzîdî politique-textile: Yazidi Movement for Reform and Progress (2003/2004)
Date: fondé en novembre 2004 à Mossoul après la chute de Saddam. Fondateur: Amin Farhan Jejo (aussi « Amin Farhan », « Amin Farhan Chichi »).
Design du drapeau: divisé verticalement (certaines sources: horizontalement), rouge (côté du mât) et blanc (côté flottant), avec un soleil jaune au centre.
Position politique:
- Première « bannière de parti êzîdî » représentée au parlement. Siège au parlement irakien 2005–2018 (1 siège, max. 21 908 voix en 2005), a perdu sa représentation en 2021.
- Êzîdîpress (édition française, 2016) attribue explicitement l’idée d’un « drapeau national êzîdî » à ce mouvement comme première tentative moderne.
Statut: drapeau de parti, et non pan-êzîdî. Constat: l’idée que le HPÊ aurait « inventé » le drapeau êzîdî n’est pas tout à fait correcte, le concept d’un drapeau êzîdî textile-moderne est ~10 ans plus ancien que 2014.
1.6 Drapeau êzîdî en Arménie (avant 2014)
Design: tricolore horizontale blanc-rouge-blanc, au centre un soleil avec un paon incrusté (Tawûsî Melek) au lieu d’une simple couronne de rayons.
Usage:
- Yezidi National Union en Arménie (l’Arménie compte env. 30 000 Êzîdî, la plus grande communauté de diaspora ancienne et établie)
- Dans le contexte arménien, accepté également par l’Église apostolique arménienne, avec laquelle existe une tradition étroite de coexistence.
Signification: Cette variante est un précurseur important du drapeau de Sinjar aujourd’hui dominant, elle montre que le blanc-rouge-blanc était déjà établi avant 2014 dans le monde êzîdî (source: Êzîdîpress RU; Êzîdîpress FR).
1.7 Drapeau standard de la diaspora actuelle: drapeau Êzîdxan / HPÊ (2014–)
Histoire précise de la genèse:
| Date | Événement | Source |
|---|---|---|
| 3 août 2014 | Génocide de l’EI (74e Ferman) à Sinjar. Les peshmergas du KDP se retirent sans défense. | ONU; Bundestag 19.01.2023 |
| Été 2014 | Haydar Shesho fonde le HPŞ (Hêza Parastina Şingal, force de protection de Sinjar). Première utilisation du drapeau blanc-rouge-blanc. | Wikipedia HPÊ; Êzîdîpress |
| Août–décembre 2014 | Bataille du temple de Sharfadin (5 mois). 18 combattants êzîdî sous Qasim Şeşo défendent le sanctuaire de Sharfadin contre l’EI. | Wikipedia Battle of Sharfadin Temple |
| Septembre 2014 | Querelle des drapeaux à Sharfadin: les YPG et les peshmergas du KDP veulent hisser leurs drapeaux sur le sanctuaire êzîdî. Qasim Şeşo refuse les deux avec ces mots: « aucun drapeau politique en un lieu religieux ». Escalade, puis excuses des deux parties. | Êzîdîpress « Querelle des drapeaux à Sherfedîn »; Êzîdîpress RU 2016 |
| Avril 2015 | Le KDP arrête Haydar Shesho (« milice illégitime »). Le Mîr Tahsîn Beg et la diaspora protestent, Shesho est libéré. | Wikipedia HPÊ |
| 8 avril 2015 | Le président du GRK Massoud Barzani rejette publiquement un drapeau êzîdî propre: « Le gouvernement kurde n’acceptera aucun autre drapeau que le drapeau kurde. » | Êzîdîpress « Barzani: pas de drapeau êzîdî » |
| 14 avril 2015 | Interview de Heydar Shesho: « Notre unité et notre drapeau sont non négociables. Le linceul de Heydar Shesho sera le drapeau d’Êzîdxan. » | Interview Êzîdîpress |
| 16 juin 2015 | Inauguration du temple de Tbilissi (Quba Siltan Êzîd). Le conseil spirituel des Êzîdî en Géorgie (DWEG) déclare officiellement le drapeau blanc-rouge-blanc drapeau des Êzîdî en Géorgie. Représentation internationale de la diaspora présente (DE, FR, BE, RU, AM, AU). | Êzîdîpress « Inauguration du temple de Géorgie » |
| Novembre 2015 | Le HPŞ se renomme HPÊ (Hêza Parastina Êzîdxanê, force de protection d’Êzîdxan). Le drapeau demeure. | Wikipedia HPÊ; Êzîdîpress « Le HPŞ se renomme » |
| 11 janvier 2016 | Reconnaissance par un regroupement des plus grandes organisations êzîdî européennes comme drapeau commun | Êzîdîpress FR 2016 |
| 2017 | Le HPÊ est intégré sous commandement peshmerga; le drapeau demeure. | Wikipedia HPÊ |
| Depuis 2017 | Le drapeau est porté de manière constante lors de toutes les commémorations du 3 août dans le monde (Hanovre, Lincoln NE, Erevan, Stuttgart, Vienne, Tbilissi) | ZÊD; Yazda; FYF |
| 19 janvier 2023 | Reconnaissance du génocide êzîdî par le Bundestag. Première utilisation officielle allemande de la dénomination « Êzîd*innen » comme groupe autonome. | Procès-verbal du Bundestag |
Design (standard aujourd’hui):
- Tricolore horizontale blanc-rouge-blanc
- Proportions souvent 1:2:1 (bande rouge centrale deux fois plus large que les bandes blanches extérieures), parfois aussi de largeur égale
- Soleil jaune/doré au centre de la bande rouge
Nombre de rayons, l’incohérence centrale:
| Variante | Usage | Symbolique (auto-interprétation) | Source |
|---|---|---|---|
| 7 rayons | minoritaire, théologiquement cohérent | Heft Sirr, les 7 anges | Êzîdî-Heritage; tradition de la diaspora |
| 21 rayons | très répandu, majorité des drapeaux imprimés de la diaspora | 21 jours d’incarnation; 21 = nombre sacré yazdânî (Izady); référence à Mithra | Wikimedia, sources Êzîdîpress DE, flaggenlexikon.de |
| 24 rayons | version officielle HPÊ de Wikimedia | controversé; certains le lisent comme 24 heures = vigilance permanente | Wikipedia HPÊ; CRW Flags |
S’y ajoutent des variantes très rares à 12 ou 14 rayons dans des logos d’ONG stylisés, mais sans justification théologique.
Concepteur: Le drapeau actuel de la diaspora n’a aucun concepteur documenté unique. Il a émergé comme symbole collectif, post-2014, basé sur:
- l’ancienne tradition du soleil blanc (section 1.3)
- le modèle arménien blanc-rouge-blanc (section 1.6)
- le modèle du Reform Movement d’Amin Farhan (section 1.5)
- le besoin actuel d’un symbole de résistance de Sinjar
1.8 Variante Êzdîxan avec paon au lieu du soleil (Wikimedia / Ezidikhan.net)
Il existe un « drapeau-blason » Êzdîxan, où, au lieu du soleil, c’est le symbole du paon de Tawûsî Melek qui figure au centre. Usage principalement par:
- Ezidikhan.net (gouvernement de la diaspora en exil, PM Waheed Mandoo Hammo)
- certaines associations de la diaspora qui placent le concept d’Êzdîxan avant l’identité Êzîdîxan comme « patrie êzîdî non kurde »
1.9 Sharfadin / Sharfedîn: bannière avec Tawûsî Melek
Comme le temple de Sharfadin a 800 ans (construit en 1274 en l’honneur de Sheref ad-Dîn, tombé en 1258 lors de la bataille contre les Mongols), et qu’il est le deuxième sanctuaire êzîdî le plus important après Lalîš, une tradition propre de bannière de Sharfadin s’est développée autour de la défense de 2014/15: souvent le drapeau standard plus le paon de Tawûsî Melek comme blason supplémentaire.
1.10 Bannières politiques êzîdî (partis, milices)
| Organisation | Drapeau | Remarque |
|---|---|---|
| HPÊ (Hêza Parastina Êzîdxanê) | blanc-rouge-blanc, soleil à 24 rayons | variante officielle Wikimedia; depuis 2015 (prédécesseur HPŞ depuis 2014) |
| Yazidi Movement for Reform and Progress | rouge-blanc divisé + soleil | Amin Farhan, 2004, drapeau de parti |
| HPŞ / Sinjar Resistance Units (YBŞ) | vert-rouge-jaune avec soleil ou paon, affilié au PKK | rouge-vert-jaune signale une affinité avec le PKK |
| Êzîdxan Women’s Units (YJÊ) | soleil jaune sur vert/rouge, style YPJ | unité de défense des femmes |
| Gouvernement de la diaspora Ezidikhan | blanc-rouge-blanc + paon | gouvernement de la diaspora en exil |
| Sinjar Alliance (2015–17) | variante commune blanc-rouge-blanc | confédération |
Important: drapeau de l’Êzdîxan Protection Force ≠ « drapeau national » êzîdî. Il s’agit généalogiquement d’une lignée de drapeaux que la majorité de la diaspora a adoptée.
1.11 La question Kesk-Sor-Zer (vert-rouge-jaune): politiquement sensible, clairement tranchée
Contexte: Kesk-Sor-Zer (vert-rouge-jaune) est la tricolore nationale kurde (Alaya Rengîn). Cette question est la plus politiquement sensible de toute la recherche.
Réponse académique univoque:
- Le Kesk-Sor-Zer n’est pas êzîdî au sens théologique. Le vert n’a aucune signification sacrée positive dans la symbolique des couleurs êzîdî; il est activement évité dans l’iconographie êzîdî moderne (Spät; Êzîdîpress).
- Groupes êzîdî qui utilisent le kesk-sor-zer: a) Êzîdî affiliés au PKK/YBŞ à Sinjar, ils portent souvent à la fois des bannières du PKK avec référence à Öcalan et la tricolore kurde; b) Autorités locales du KDP à Sheikhan et en partie à Lalîš, qui hissent le drapeau du GRK dans des contextes officiels; c) Une minorité d’Êzîdî nationalistes kurdes qui suivent la position « les Êzîdî sont des Kurdes d’une autre religion » (ligne du KDP, Êzîdî-Heritage, Kurdistan24).
- La majorité de la diaspora êzîdî rejette le kesk-sor-zer pour les contextes êzîdî. Lors des commémorations du 3 août en Allemagne, aux États-Unis, en Suède, en Belgique, le blanc-rouge-blanc est porté de manière constante, le plus souvent explicitement au lieu du kesk-sor-zer.
- Le Brandeis Middle East Brief 151 (mars 2023) formule clairement: « Yazidis increasingly use the term Ezdiki rather than Kurdish Kurmanji, and instead of honoring the red, white, and green flag of Kurdistan, Yazidis celebrate their own distinct symbols. »
Lecture politique: Le kesk-sor-zer lors d’un événement déclaré « êzîdî » est aujourd’hui une déclaration politique en faveur de la ligne KDP/PKK, et non une représentation ethnique neutre de soi. Cette affirmation correspond au consensus majoritaire êzîdî dans la diaspora.
1.12 Aknalîç / Aknalich: temple yézidi en Arménie
Quba Mêrê Dîwanê (Aknalich, province d’Armavir, Arménie):
- Inauguré le 29 septembre 2019
- Plus grand temple êzîdî du monde (en dehors de Lalîš)
- Sept coupoles secondaires + une coupole principale centrale, les 7 coupoles secondaires symbolisent les 7 anges; toutes ornées de soleils dorés
- Présents à l’inauguration: le vice-Premier ministre d’Arménie, des représentants êzîdî du monde entier
- L’ancien temple Ziyarat (construit en 2012 à Aknalich) reste en fonction en parallèle
- Symbole solaire êzîdî sur la coupole principale, plaqué or
- Groupe sculptural à l’extérieur: soleil êzîdî entrelacé avec une croix arménienne, symbole de la tradition de cohabitation entre Êzîdî et Église apostolique
Drapeau du temple: Il n’existe aucun drapeau officiel spécifique à Aknalîç. Lors des fêtes, le drapeau standard de la diaspora (blanc-rouge-blanc avec soleil) et le drapeau d’État arménien sont utilisés ensemble.
1.13 Quba Siltan Êzîd Tbilissi (Géorgie)
- Inauguration le 16 juin 2015
- Financement par l’homme d’affaires Suliko Simaeva
- Terrain de l’État géorgien
- Le conseil spirituel des Êzîdî en Géorgie (DWEG) déclare lors de l’inauguration le drapeau blanc-rouge-blanc drapeau officiel des Êzîdî en Géorgie
- Première quasi-reconnaissance du drapeau en droit international par un environnement étatique
PARTIE 2: Nombre de rayons du soleil: signification par variante

Symbole solaire êzîdî (Солнце Езидии): 21 rayons (3 × 7 = Heft Sirr). D’autres variantes montrent 24 ou 12 rayons, selon la tradition et le contexte de fondation. · Licence: CC BY-SA 4.0 · Source: Wikimedia Commons
Le soleil est l’élément visuel central de presque toutes les variantes de drapeau êzîdî. Voici une ventilation systématique du nombre de rayons.
2.1 Aperçu de tous les nombres de rayons documentés
| Rayons | Théologie / Symbolique | Principaux utilisateurs | Appui académique |
|---|---|---|---|
| 7 | Les 7 anges (Heft Sirr); 7 jours de la création; 7 districts Sanjak | École Êzîdî-Heritage; groupes de la diaspora théologiquement cohérents | fort: Rodziewicz 2016 Heft Sur; Asatrian/Arakelova |
| 12 | pas principalement êzîdî (plutôt référence au zodiaque) | très rare; quelques designs de logo | faible |
| 14 | 7 anges + 7 terres (selon certaines lectures cosmologiques); aussi 14 jours du demi-cycle lunaire | très rare | faible |
| 21 | 21 jours d’incarnation/réincarnation; nombre yazdânî (Izady); référence à Newroz (21 mars) | majorité des impressions de la diaspora; Êzîdî arméniens | moyennement fort: Izady 1992, controversé |
| 24 | 24 heures = vigilance constante; certaines lectures: 24 prédécesseurs du Mîr depuis Êzdîna Mîr | variante officielle HPÊ de Wikimedia | faible, aucune source évaluée par les pairs |
2.2 La variante à 7 rayons: théologiquement fondée
Justification: Les 7 anges des Heft Sirran (« Sept Mystères ») sont le centre absolu de la théologie êzîdî. Ils sont invoqués quotidiennement, nommés à chaque liturgie, et les sept jours de la semaine leur sont attribués (Asatrian/Arakelova; Allison; Kreyenbroek; Wikipedia Yazidism).
Les 7 anges (Heft Sirran) avec attribution des jours:
| Jour | Nom de l’ange (cosmique) | Identifié à un Şêx/Pîr |
|---|---|---|
| Dimanche | Tawûsî Melek / Izrâ´îl |
Êzdîna Mîr / Sultan Êzî |
| Lundi | Dardâ´îl | Şêx Hasan (Şêxsin) |
| Mardi | Ishrâfâ´îl | Şêx Şems (Soleil) |
| Mercredi | Mikâ´îl | Şêx Abu Bakr (Şêxûbekir) |
| Jeudi | Izrâ´îl (deuxième) | Sajadîn / Seyd Reş |
| Vendredi | Samnâ´îl | Nasir al-Dîn / Fakhr ad-Dîn |
| Samedi | Nûrâ´îl | (deuxième Fakhr ad-Dîn, personnification de la lune) |
(Source: Asatrian/Arakelova 2014; Wikipedia Yazidism; Stephen Shoemaker « Yezidi Creation Myths »; Iranica)
Autres symboles du 7 qui appuient cette lecture:
- 7 districts Sanjak
- 7 Sanjaks de bronze
- 7 piliers de l’iwan du sanctuaire de Şêx Adî (chacun pour un ange)
- 7 coupoles du temple d’Aknalîç (coupoles secondaires de Quba Mêrê Dîwanê)
- 7 jours de la Cejna Cemayê (assemblée d’automne, 6–13 octobre)
- 7 trous de la flûte Şibab (instrument rituel des Qewals)
- 7 couleurs du paon / 7 couleurs de l’arc-en-ciel (mythe de la création)
Recommandation: La variante à 7 rayons est la variante la plus cohérente théologiquement, la seule qui soit justifiable directement à partir du patrimoine de croyance êzîdî, sans référence yazdânî ou kurde.
2.3 La variante à 21 rayons: tradition yazdânî (Izady)
Justification (Mehrdad Izady, 1992): Le scientifique kurdo-belge Dr Mehrdad Izady a défini dans son livre The Kurds: A Concise Handbook (1992) le terme « yazdânisme » comme appellation collective des trois religions monothéistes kurdes pré-islamiques: êzîdîsme, yarsanisme (Ahl-e Haqq), alévisme. Pour lui, le nombre 21 est sacré dans les trois traditions yazdânî:
- Les êtres sacrés naissent ou renaissent après 21 jours de gestation/grossesse
- La réincarnation de l’âme dure, selon le concept yazdânî, 21 jours après la mort, avant d’entrer dans un nouveau corps
- 21 mars = Newroz = équinoxe de printemps, jour de Kawê
Le soleil kurde a 21 rayons depuis le design d’Izady en 1992 (avec le Dr Bijhan Eliasi), formellement adopté par le parlement du Kurdistan irakien.
Critique êzîdî de cette lecture:
- La construction yazdânî est un concept pan-kurdiste qui inscrit les Êzîdî dans une identité kurde globale, précisément ce que la majorité êzîdî rejette après 2014.
- Asatrian/Arakelova critiquent Izady sur le plan académique: la construction du « yazdânisme » comme religion unifiée serait une construction idéologique tardive, et non un constat solide du point de vue de l’histoire des religions.
- Concrètement sur la réincarnation: les sources académiques dont je dispose sur le kiras guhorîn êzîdî (« changement de chemise » = réincarnation) ne mentionnent aucun délai de 21 jours. Le constat des 21 jours provient exclusivement d’Izady; d’autres sources (Spät, Allison, Kreyenbroek) ne mentionnent pas ce délai.
Pragmatiquement: Comme 21 rayons ont une connotation positive pour de nombreux Êzîdî (notamment en raison du lien familial avec le voisinage kurde), le soleil à 21 rayons est souvent accepté dans la diaspora, en sachant qu’il s’agit du soleil kurde sur un drapeau porteur modifié.
2.4 La variante à 24 rayons: version officielle HPÊ de Wikimedia
Justification: aucune théologique univoque. Lectures de la diaspora:
- 24 heures du jour = vigilance permanente / soleil toujours brillant
- 24 prédécesseurs du Mîr (non clairement attestable; la généalogie en compte plus de 24)
- Possiblement un choix purement esthétique dans le design de l’étendard du HPÊ
Statut: la variante imprimée la plus fréquente sur Wikimedia/Wikipedia, mais la moins fondée théologiquement.
2.5 Autres nombres de rayons
- 12 rayons: très rare, aucune revendication spécifiquement êzîdî
- 14 rayons: très rare; lecture possible 7 anges × 2 (céleste + terrestre) ou référence aux 14 stations lunaires
- 32, 64: aucune attestation
2.6 Symbolique solaire en général
- Les Êzîdî prient 3 à 5 fois par jour en direction du soleil (lever du soleil, éventuellement matinée, midi en direction de Lalîš, après-midi, coucher du soleil)
- Les Êzîdî rejettent l’appellation « adorateurs du soleil »: ils prient en direction du soleil comme manifestation de Dieu, et non le soleil lui-même (Yezidi Truth; Asharq al-Awsat)
- Şêx Şems (ange du mardi) est la personnification du soleil; son frère Fakhr ad-Dîn est la personnification de la lune
- Lalîš est orienté astronomiquement vers le lever du soleil
- Le soleil comme rayon de plumes de paon: les plumes déployées de Tawûsî Melek sont les rayons du soleil (plusieurs interprétations propres aux Êzîdî)
PARTIE 3: Symbolique du paon (Tawûsî Melek)
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Pavo cristatus (paon indien): modèle biologique de Tawûsî Melek. Sur certains drapeaux êzîdî (p. ex. la variante internationale), le paon apparaît comme élément. · Photo: julesvernex2 · Licence: CC BY-SA 4.0 · Source: Wikimedia Commons
3.1 Nom et étymologie
- Kurde (kurmancî/êzdîkî): Tawûsî Melek, Tawûsê Melek, Melek Tawûs
- Arabe: طاووس ملك (Ṭāʾūs Malak)
- Persan: ملک طاووس (Malek Tāwūs)
- Tawûs = paon (emprunté au persan/arabe, originellement de la sphère sanskrite/tamoule mayura)
- Melek = roi ou ange (emprunt sémitique)
La traduction courante « ange-paon » est donc précise: « ange/roi-paon ».
3.2 Position théologique: chef des Heft Sirran
- Tawûsî Melek est le chef des 7 Heft Sirran (« Sept Mystères »)
- Lieutenant de Dieu sur terre: pas un dieu en soi, mais une manifestation et un mandataire
- Théologiquement à ne pas assimiler à l’« adversaire de Dieu » abrahamique: Tawûsî Melek ne s’est pas rebellé contre Dieu, mais a réussi l’épreuve en refusant de se prosterner devant Adam, par loyauté envers le Dieu unique (plusieurs traditions doctrinales êzîdî).
- Certaines traditions identifient Tawûsî Melek à l’ange Azrail.
- Selon le mythe de la création, Tawûsî Melek a co-créé les sept cieux, la terre et tous les êtres vivants (Wikipedia Yazidism; Yezidi Creation Myths de Stephen Shoemaker).
- 3003 noms de Dieu: selon la tradition êzîdî arabe, Tawûsî Melek est considéré comme l’un des 3003 noms de Dieu: adorer l’ange-paon revient donc effectivement à adorer Dieu (Bahzani.net; Êzîdîpress AR).
3.3 Symboliques du paon pré-êzîdî
La symbolique du paon est nettement plus ancienne que la religion êzîdî. Elle puise à plusieurs traditions:
a) Indo-iranien (référence à Mithra): La racine de la vénération du paon en Iran remonte au culte de Mithra. Le paon apparaît dans l’orfèvrerie sassanide (Ve–VIIe siècle) comme symbole royal et divin. Dans le mithraïsme, le paon était un symbole d’accompagnement du soleil et de l’ordre divin (ResearchGate, design de paon sassanide; Periesproject Penn).
b) Sassanide, trône du Paon persan: Le lien paon ↔ monarchie persane remonte au trône du Paon. Le célèbre trône du Paon de Shah Jahan (moghol, XVIIe siècle) fut emporté en Perse par Nader Shah en 1739; mais la symbolique souveraine du paon est nettement plus ancienne et de provenance sassanide (Britannica « Peacock Throne »; Hurriyet Daily News).
c) Mésopotamien, Tammuz / Dumuzi: Une thèse très discutée (mais controversée) est la dérivation du nom « Tawûs Melek » de « Tammuz » / « Dumuzi », le dieu sumérien-babylonien de la fertilité, du cycle de la vie et de la mort, qui meurt chaque année et ressuscite (Bahzani.net; Êzîdîpress AR). La thèse est phonétiquement plausible, mais pas linguistiquement contraignante.
d) Hindou, monture de Skanda, Krishna: Le paon est la monture de Skanda/Kartikeya; Krishna porte une plume de paon dans sa couronne. La thèse d’une migration indienne de la symbolique du paon vers la Mésopotamie est ancienne, mais spéculative. Devdutt Pattanaik discute d’un pont hindou-yézidi possible via Skanda; non confirmé académiquement.
e) Chrétien, résurrection, immortalité: Dans l’Église primitive (IIIe–Ve siècle), le paon était symbole de la résurrection et de l’immortalité, parce que sa chair, selon Pline, ne se corrompt pas. Mosaïques de paons dans les catacombes romaines catholiques et les églises byzantines (p. ex. San Vitale, Ravenne). Cette tradition court parallèlement à la tradition êzîdî, sans lien causal nécessaire.
f) Gréco-hellénistique, Héra/Junon: Le paon est l’animal sacré d’Héra (les yeux de sa queue sont les yeux du gardien Argos). Symbole de royauté et de mariage.
3.4 Pourquoi précisément le paon ?
Auto-interprétation êzîdî: Lorsque Tawûsî Melek descendit sur terre, les sept couleurs de l’arc-en-ciel se transformèrent en un oiseau aux sept couleurs, le paon –, qui vola au-dessus de chaque point de la terre et la bénit; son dernier lieu de repos fut Lalîš (Wikipedia Yazidism; Stephen Shoemaker « Yezidi Creation Myths »).
Réponse structurelle: Le paon convient à la théologie êzîdî parce que:
- Ses plumes chatoyantes portent toutes les couleurs de la création (la diversité comme louange de Dieu)
- Ses plumes déployées symbolisent les rayons du soleil (manifestation cosmique de la lumière)
- C’est un oiseau royal qui « marche sur terre, mais regarde vers le ciel », symbole de lieutenance
- Les mythes de mort/résurrection du paon (pré-êzîdî) correspondent au kiras guhorîn (changement de chemise / réincarnation)
Non choisis: l’aigle (puissance, mais aucun symbole de couleur), le faucon (chasse, aucun rapport solaire), le phénix (résurrection, mais combustion au lieu de chatoiement). Le paon est le seul choix qui intègre simultanément royauté, soleil, diversité et cycle de la vie.
3.5 Plumes de paon: autorisées vs tabou
La question des plumes de paon est nuancée:
| Contexte | Statut |
|---|---|
| Chasser, tuer, manger, injurier le paon | strictement interdit (Wikipedia Tawûsî Melek) |
| Broderie stylisée de paon sur la tenue traditionnelle | autorisée, discrète, fréquente dans la broderie féminine |
| Grandes représentations figuratives du paon sur les tenues | inhabituel, évité dans la tenue des dignitaires religieux |
| Plumes de paon sur les robes de mariée | tradition communautaire, variable selon les régions |
| Plumes de paon comme décoration domestique | autorisé, considéré comme porteur de bénédiction |
| Paon de bronze du Sancak à Lalîš | absolument sacré, statut Sirr |
Le bleu du cou du paon: le bleu profond du cou du paon est sacré et considéré comme « non portable » pour les humains, l’une des trois justifications citées du tabou êzîdî du bleu (voir PARTIE 5).
3.6 Motifs de paon dans l’architecture et les tenues de Lalîš
- Blason de Lalîš au-dessus de l’entrée: deux paons se faisant face avec l’arbre du monde (voir section 1.2)
- Paons de bronze du Sancak dans les salles du sanctuaire
- Broderie sur les tenues féminines: plumes stylisées de queue de paon en bordure d’ourlet, surtout chez les mariées êzîdî traditionnelles du Sheikhan
- Reliefs de paon au mausolée de Şêx Adî: plusieurs motifs de plumes stylisés sur les piliers et sur le dôme à 32 cannelures
PARTIE 4: Nombres sacrés (systématique complète)

Symbole solaire avec rayons. Nombres sacrés dans le êzîdîsme: 3 (caste), 7 (Heft Sirr), 21 (3×7, drapeau), 40 (cycle de deuil), 72/73/74 (Fermane). Le soleil (Roj) est le symbole visuel de condensation. · Licence: Domaine public · Source: Wikimedia Commons
La théologie êzîdî est profondément structurée par la numérologie. Voici tous les nombres centraux avec leur signification, leurs attestations et leurs parallèles interculturels.
4.1 Nombre 3: tripartition
- Trois lignées Şêx: Şemsanî, Adanî, Qatanî (Qatanî = la lignée princière du Mîr)
- 3 jours de jeûne Roja Êzî (mardi–jeudi, culminant le vendredi avant le solstice d’hiver)
- 3 prières obligatoires quotidiennes (certaines traditions: 5)
- 3 Sanjaks de bronze restants aujourd’hui (sur 7 à l’origine)
- Interculturel: concept des trois mondes en Mésopotamie (ciel–terre–monde souterrain); tripartition zoroastrienne Asha-Manah-Mithra
4.2 Nombre 4: éléments et points cardinaux
- 4 éléments sacrés: feu, eau, air, terre (ne doivent pas être souillés) , Wikipedia Yazidism
- 4 points cardinaux avec 4 anges: Tawûsî Melek/Nord, Şêxsin/Sud, Nasredîn/Ouest, Sajadîn/Est (Bahzani.net AR; Wikipedia Yazidism)
- Interculturel: théorie zoroastrienne des 4 éléments; mythologie mésopotamienne des 4 vents
4.3 Nombre 5: rythme du jour
- 5 temps de prière dans la tradition complète (lever du soleil, matinée, midi, après-midi, coucher du soleil), de nombreux Êzîdî ne prient toutefois que 3 fois (Yazidism Wikipedia)
- 5 stations de pèlerinage à Lalîš (sanctuaire principal, Kanîya Spî, Zemzem, sanctuaire de Şêx Şems, sanctuaire du Pîr), tradition communautaire
4.4 Nombre 7: le nombre le plus central
- 7 anges des Heft Sirran (Heft Sirr = Sept Mystères)
- 7 jours de la création avec un ange chacun
- 7 districts Sanjak (Sheikhan, Sinjar, Alep, Tabriz, Walatê Xalta, Sarhad, Moskovî)
- 7 Sanjaks de bronze (dont 5 dérobés en 1892)
- 7 piliers de l’iwan du sanctuaire de Şêx Adî à Lalîš
- 7 coupoles secondaires du temple d’Aknalîç
- 7 jours de la Cejna Cemayê (assemblée d’automne, 6–13 octobre)
- 7 trous de la flûte Şibab
- 7 cieux et 7 terres dans le mythe de la création (parallèle à la cosmologie mésopotamienne et coranique)
- 7 couleurs de l’arc-en-ciel qui deviennent le paon
- 7 rayons sur la variante théologiquement cohérente du soleil êzîdî
Interculturel: le nombre 7 est le nombre sacré central de la Mésopotamie (7 planètes-sphères, 7 cieux, 7 filles de Marduk, 7 marches de la ziggurat à sept sphères); dans l’islam (7 cieux, 7 terres, Q 71:15), dans le judaïsme (semaine de la création, 7 anges-sphères de la Merkabah), dans le christianisme (7 sacrements, 7 dons du Saint-Esprit).
4.5 Nombre 12: assemblée, enseignement
- 12 hommes en blanc dansent le Sema Êvarî (danse du soir) pendant la Cejna Cemayê autour de la torche sacrée, la torche symbolise Dieu et le soleil (Wikipedia Cejna Cemayê; Kurdistan24)
- Le parallèle des 12 apôtres est rarement tiré: pas un concept propre aux Êzîdî
- 12 = 7 + 5 ou 7 × 2 − 2 (constructible en théorie des nombres, mais pas central pour les Êzîdî)
4.6 Nombre 14: sept cieux + sept terres
- Dans le mythe de la création êzîdî, Tawûsî Melek crée les sept cieux et sept terres = 14 sphères (Wikipedia Yazidism; Stephen Shoemaker « Yezidi Creation Myths »)
- 14 stations lunaires d’une phase de demi-lune (astronomique, pas spécifiquement êzîdî)
- Interculturel: le persan haft āsmān o haft zamīn (sept cieux et sept terres) dans l’Iran pré-islamique et dans le Coran 65:12
4.7 Nombre 21: soleil yazdânî (controversé)
- 21 jours d’incarnation/réincarnation selon Izady (1992): l’âme a besoin de 21 jours entre la mort et un nouveau corps
- 21 mars = Newroz, nouvel an kurde, mythe de Kawê
- 21 rayons du soleil kurde (parlement du Kurdistan irakien 1992)
- 21 = 3 × 7: référence théologiquement puissante (trinité × Heft Sirran)
- Académiquement controversé: Asatrian/Arakelova critiquent le construit yazdânî d’Izady comme idéologique
- Interculturel: la tradition hindoue connaît 21 pranamas à la déesse Durga; dans le tantra, 21 est le nombre des apparitions de Tara
4.8 Nombre 24: cycles journaliers, vigilance
- 24 rayons du soleil HPÊ de Wikimedia (le plus faiblement fondé)
- Lecture: 24 heures = vigilance permanente; après Sinjar 2014, souvent interprété comme « plus jamais inattentif »
- 24 prédécesseurs du Mîr depuis Êzdîna Mîr: non attestable de manière univoque; la généalogie du Mîr dépasse 24 générations
- Interculturel: 24 anciens dans l’Apocalypse 4; 24 heures dans le système sexagésimal babylonien (doubles-heures)
4.9 Nombre 40: Çile, concentration, lignées Pîr
40 (quarante) est, après 7, le deuxième nombre êzîdî le plus important:
- Çile = période de 40 jours de pratique ascétique
- Çile Zivistanê (Çile d’hiver): du 21 décembre au 1er février. Baba Şêx et les ascètes jeûnent 40 jours du lever au coucher du soleil, clôture par une « semaine de purification » (deuxième semaine de février, souvent comme fête de Khidr-Khidr-Ailas)
- Çile Havînê (Çile d’été): fin juillet–début août, discipline de 40 jours dans la période la plus chaude de l’année
- 40 lignées Pîr avec leurs propres arbres généalogiques
- 40 Mishur (manuscrits sacrés): un Mishur fut remis à chaque lignée Pîr au XIIIe siècle avec arbre généalogique et listes de Murids; à ce jour, seulement 2 des 40 ont été publiés. La recherche académique la plus importante: Omarkhali 2017 Yezidi Religious Textual Tradition; Pirbari/Asatrian sur plusieurs Mishurs
- Chel Mera Temple (« temple des 40 hommes », Sinjar), lieu de culte d’un couvent ascétique local des 40
- Pîr Hesen Meman = « chef des 40 maisons Pîr » (liste des Pîr de Wikipedia)
Interculturel: le 40 est, en Mésopotamie, le cycle du Déluge (40 jours de pluie), bibliquement Moïse sur la montagne / le jeûne de Jésus / le Déluge, dans l’islam 40 jours de deuil et les 40 ʿArbaʿīn du chiisme, soufiquement le Çillexâne (retraite de 40 jours).
4.10 Nombre 72 / 73 / 74: Fermane
La triade de nombres la plus traumatique pour les Êzîdî.
- 72 Fermane = décompte traditionnel des génocides jusqu’à l’EI. Dans la tradition êzîdî, 72 est à la fois concret et symbolique: « un très grand nombre ». Concrètement, la tradition compte les massacres des génocides de l’émirat de Soran (1832–34), Bedirxan Beg (1832 ss.), Mîrê Kor, Omar Wahbi 1892, cavalerie Hamîdiye 1915–18, etc.
- 73e Ferman = attentats de Qahtaniyah (14 août 2007, prédécesseur de l’EI AQI, 796 morts)
- 74e Ferman = génocide de Sinjar par l’EI à partir du 3 août 2014 (~3 100 tués (PLOS 2017; autres estimations jusqu’à ~5 000), ~6 800 femmes et enfants réduits en esclavage, ~400 000 déplacés; reconnaissance du Bundestag le 19.01.2023)
Échos interculturels:
- 72 martyrs de Karbala (10 Muharram 680 EC) dans la tradition chiite, la tradition arméno-êzîdî associe explicitement la couleur rouge du drapeau au « sang après Karbala » (hy.wikisource).
- 72 peuples / 72 langues dans l’apocalyptique mésopotamienne-juive
- 72 noms de Dieu dans la Kabbale (Shem ha-Mephorash)
- 72 tribus du monde dans la tradition iranienne
4.11 Nombre 360 / 365: cycle journalier, sanctuaires
- 365 lampes brûlent quotidiennement à Lalîš, avant le coucher du soleil, elles sont allumées par Baba Şêx et le conseil spirituel. Elles symbolisent les 365 jours de l’année et la présence continue de la lumière divine (Kurdistan24; sources Lalîš)
- 365 figures sacrées dans le panthéon êzîdî (Wikipedia Yazidism; liste des figures sacrées êzîdî)
- 360 (régional): dans certaines régions êzîdî, on nomme 360 familles Şêx/Pîr (tradition communautaire, divergente de 365)
- Interculturel: année solaire égyptienne-mésopotamienne = 360 + 5 jours intercalaires; en astrologie hindoue, 360 degrés du zodiaque; l’année du calendrier yézidi persan est solaire
4.12 Nombre 1001 / 3003: noms de Dieu
- Plusieurs traditions êzîdî: Dieu a 1001 ou 3003 noms (Wikipedia Yazidism). Tawûsî Melek lui-même est considéré comme l’un de ces 3003 noms.
- Interculturel: 99 noms de Dieu dans l’islam; 1008 noms de Vishnou / Shiva dans l’hindouisme; le 3003 est un décompte propre aux Êzîdî, sans parallèle direct dans d’autres religions.
4.13 Nombre 6776 / 6777: calendrier êzîdî
- 2020 EC = 6776 dans le calendrier êzîdî de Sherfedîn
- 2026 EC = 6782 (soit 4757 av. J.-C. comme point zéro calendaire)
- Nouvel an Çarşema Sor (« Mercredi rouge ») = premier mercredi du mois d’avril lunaire-solaire selon le calendrier êzîdî oriental
- Ce jour-là, selon la tradition, Tawûsî Melek descendit sur la terre nouvellement créée, brisa sa coquille glacée et fit germer les plantes (Wikipedia Yazidi New Year; nlka.net « Red Wednesday »)
- Interculturel: année juive 5786 (2026 EC), année zoroastrienne 3764; 6776 est le plus ancien décompte annuel continu revendiqué parmi les religions existantes, conscience de soi de la diaspora.
4.14 Autres nombres (brièvement)
- 2 paons dans le blason de Lalîš
- 3003: voir 4.12
- 1001: décompte alternatif
- 18 000 peshmergas dans le récit de trahison de Wikipedia sur le KDP (3.8.2014)
- 5 000+ femmes réduites en esclavage en 2014 (décompte de l’ONU; Yazda compte davantage)
- 150 000–200 000 Êzîdî en Allemagne (ZÊD)
PARTIE 5: Autres symboles et politique des couleurs
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Drapeau êzîdî (variante d’Allemagne): une variante courante en Allemagne avec fond rouge et soleil. Symbolique des couleurs: rouge = Sultan Êzî (Êzîdê Sor), blanc = pureté, or = aura solaire. · Licence: Domaine public · Source: Wikimedia Commons
5.1 Serpent (Mar): Mar-i Reş, le serpent noir
- Serpent noir en haut-relief à l’entrée principale du sanctuaire de Şêx Adî à Lalîš, à droite de la porte d’entrée, noirci par la suie des lampes à huile
- Mythe: pendant le Déluge, sur le mont Cûdî/Sinjar, l’arche de Noé eut une voie d’eau. Un serpent noir s’enroula sur le trou et sauva ainsi les humains et les animaux
- Symbolique: sagesse, guérison, médiation entre l’humain et le divin
- Pratique de pèlerinage: les Êzîdî embrassent les images sculptées du serpent à l’entrée des sanctuaires
- Tabou: les serpents ne sont pas tués dans les maisons êzîdî
- Sources: Spät « Black Snake »; Asatrian/Arakelova « The Serpent Symbolism in the Yezidi Religious Tradition » (Iran and the Caucasus 15, 2011); Hevsel Times
5.2 Arbres sacrés: mûrier, grenadier, olivier, figuier
- Mûriers (Dara Tût / Dara Herhere) dans la cour de Lalîš: vieux arbres noueux près de l’entrée du sanctuaire de Şêx Adî. Important point d’ombre et de rassemblement des pèlerins
- Dara Mirazan / arbres à vœux: les pèlerins y attachent des bandes de tissu en guise de prière/vœu, la plupart des sources sacrées se trouvent près d’arbres sacrés (olivier, figuier, mûrier)
- Grenade (Hinar): cadeau traditionnel lors des mariages êzîdî, symbolise la fertilité et le lien avec Lalîš. Fréquente dans la broderie des tenues êzîdî
- Huile d’olive: seule source de combustible autorisée pour les 365 lampes de Lalîš
- Sources: Mesopotamia Heritage; nlka.net « Sacred Trees in Kurdish Culture »; Yazda Culture
5.3 Çira / lampe: la lumière éternelle
- 365 lampes à huile d’olive brûlent quotidiennement à Lalîš
- Çêliyê Çira / l’allumage des lampes = acte sacré, symbole de Tawûsî Melek comme lumière
- Les Êzîdî embrassent le bout de leurs doigts lorsqu’ils passent près d’une lampe allumée
- La torche centrale lors du Sema Êvarî (danse du soir, 12 hommes en blanc l’encerclent) symbolise à la fois Dieu et le soleil
5.4 Sources sacrées: Kanîya Spî et Zemzem
- Kanîya Spî (« Source blanche »): la source la plus sacrée. C’est ici qu’a lieu le Mor-Kirin (baptême/initiation êzîdî), une Sheikha ou Pîra (« Azmaa ») asperge l’enfant d’eau
- Zemzem (source propre aux Êzîdî, à ne pas confondre avec le Zemzem de La Mecque): deuxième source sacrée, jaillissant d’une grotte dans le complexe du sanctuaire
- Symbolique: pureté, renouvellement, élément primordial de la création
5.5 Code des couleurs (complet)
| Couleur | Signification | Statut | Attestations |
|---|---|---|---|
| Blanc | Cilê Spî, pureté, tenue Şêx/Pîr, paix | sacré | Spät « Ritual Items »; Britannica |
| Rouge | sang des martyrs des 74 Fermane; tradition de Karbala; Çarşema Sor; couleur de mariage; robe rouge de Sultan Êzî | positif | Êzîdîpress RU; hy.wikisource |
| Jaune/Or | soleil, Roj, lumière divine | positif | Wikipedia Yazidism |
| Vert | « nature » théoriquement acceptable, mais évité dans l’iconographie êzîdî moderne en raison de l’association à l’islam | évité | consensus de la diaspora; Êzîdîpress |
| Bleu | strictement tabou: trois lectures: (1) proximité phonétique avec le nom tabou, (2) le bleu du cou du paon est sacré et « ne doit pas être porté », (3) symbolique du Déluge | tabou | Wikipedia Yazidism; consensus Quora; Spät |
| Noir | deuil (Cilê Reş), bronze du Sancak, « Roja Reş » = journée commémorative du 3 août | contextuel | Yazda; Êzîdîpress |
5.6 Symboles architecturaux
- Tours coniques Schîvana (Qubba) du sanctuaire principal de Lalîš:
- Le mausolée de Şêx Adî a un dôme conique cannelé
- Classé architecturalement comme « typique des mausolées chiites de la région de Mossoul depuis le XIIe–XIIIe siècle » (Mesopotamia Heritage)
- Lecture êzîdî: la forme conique comme rayon de soleil / cône de lumière ascendant
- Pierres Pîlek: pierres sacrées colorées, enchâssées à Lalîš
- Bateau du Déluge (Keştiya Nûh): les Êzîdî localisent l’arche de Noé sur le mont Sinjar, tradition propre, parallèle à la tradition de l’Ararat/Cûdî
5.7 Symboles musico-rituels
- Daf (tambour sur cadre) et Şibab (flûte à 7 trous): les deux instruments sacrés. Mythologiquement, l’âme d’Adam refusa d’entrer dans le corps jusqu’à ce que le Daf et le Şibab retentissent (Wikipedia Yazidism; Iranica « JAŽN-Ā JAMĀʿIYA »)
- Qewal: chanteurs héréditaires issus des deux groupes Dimlî (kurmancî) et Tazhî (arabe), tous deux de Başîqa et Bahzanê
- Sema Êvarî = danse du soir, 12 hommes en blanc encerclent la torche sacrée, chantent des hymnes lentement et solennellement, accompagnés de 3 Qewals
5.8 Symboles des lignées généalogiques
La société êzîdî est endogame et castée. Trois lignées Şêx:
- Şemsanî (d’origine kurde, lignée de Babê Şêx)
- Adanî (d’origine arabe, lignée du Pêş-Imam, Hasan ibn Adi)
- Qatanî (d’origine arabe, lignée du Mîr, Şêx Abu Bakr alias Şêxûbekir), famille Şêx êzîdî de la lignée Qatanî
40 lignées Pîr existent en parallèle, chacune avec son propre Mishur.
PARTIE 6: Êzîdî vs Kurdes: le drapeau comme symbole politique aujourd’hui
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Monument dédié aux héros arméniens et êzîdî, Erevan, Arménie (2022). Les Êzîdî d’Arménie soulignent souvent une identité ethno-religieuse propre, distincte de la question kurde, le débat sur le drapeau est l’expression de ce positionnement de soi. · Licence: CC BY-SA 4.0 · Source: Wikimedia Commons
6.1 Question linguistique (Êzdîkî vs Kurmancî)
- Linguistiquement, l’êzdîkî est une variété du kurmancî (kurde du Nord)
- Politiquement, le terme êzdîkî a été établi à la fin de l’époque soviétique (Arménie, à partir de 1991) comme délimitation consciente de soi
- Êzîdî-Heritage et Kurdistan24 (proche du KDP) rejettent l’êzdîkî comme « artificiel »
- Êzîdîpress et ZÊD utilisent l’êzdîkî comme auto-désignation légitime
- Le Brandeis MEB 151 (2023) confirme le glissement vers l’auto-désignation êzdîkî dans la diaspora
6.2 74 Fermane: la responsabilité kurde historiquement documentée
La tradition êzîdî compte 74 Fermane. La recherche de la diaspora documente une part importante de responsabilité kurde:
| Année | Auteurs | Événement |
|---|---|---|
| 1254 | Badr al-Dîn Lu’lu (converti kurde) | Exécution du petit-neveu de Şêx Adî + 200 partisans |
| 1415 | Kurdes Sindî | Attaque du temple de Lalîš |
| 1585 | Kurdes sunnites de Bohtan | Attaque de Sinjar |
| 1832–34 | Mîrê Kor (Muhammad Pacha de Rawanduz, émir de Soran) | « Firmana Mîrê Kore », 70 000–135 000 morts, 5 % de survivants |
| 1832 ss. | Bedirxan Beg (émir de Botan) | ~12 000 Êzîdî + chrétiens massacrés à Sheikhan |
| 1892 | Omar Wahbi Pacha + troupes auxiliaires Hamîdiye | 500 morts, Lalîš transformé en madrasa, 5 des 7 Sanjaks dérobés |
| 1915–18 | Cavalerie Hamîdiye (majoritairement kurde) | jusqu’à 300 000 Êzîdî tués parallèlement au génocide arménien |
| 2007 | AQI / prédécesseur de l’EI | Attentats de Qahtaniyah (73e Ferman, 796 morts) |
| 2014 | EI + voisins kurdes et arabes collaborateurs | 74e Ferman, Sinjar, ~3 100 tués (PLOS 2017; jusqu’à ~5 000), ~6 800 femmes et enfants réduits en esclavage, ~400 000 déplacés |
Question des peshmergas du KDP en 2014: 18 000 peshmergas se sont retirés le 3 août 2014 sans défense. Les autorités locales du KDP avaient auparavant empêché les Êzîdî de fuir (Crisis Group; Washington Institute; Êzîdîpress: « Masud Barzani – Butcher of Sinjar »).
6.3 Position actuelle de la diaspora
- Allemagne: 150 000–200 000 Êzîdî; le ZÊD (Conseil central, 34 associations) représente les Êzîdî comme groupe ethno-religieux autonome; le Bundestag 2023 suit cette ligne
- Arménie: env. 30 000 Êzîdî; l’êzdîkî comme auto-désignation, identité très propre
- Mainstream académique: Asatrian/Arakelova, Allison, Açıkyıldız, Spät: groupe ethno-religieux propre
- Contre-position du KDP: toujours « les Êzîdî = des Kurdes d’une autre religion »
6.4 Déclarations du Mîr sur le drapeau
- Tahsîn Said Beg (Mîr 1944–2019, décédé le 28.1.2019): resta Mîr pendant 75 ans, accepta la coopération avec le KDP, préserva l’identité propre des Êzîdî
- Hazim Tahsin Beg (Mîr depuis le 27 juillet 2019): fut intronisé par une hiérarchie proche du KDP; grand scepticisme de la diaspora. Des prises de position concrètes du Mîr sur la question du drapeau n’ont pas pu être trouvées dans les sources consultées (lacune de recherche ouverte).
PARTIE 8: Répertoire des sources (multilingue, score de confiance)
Livres académiques (score de confiance A)
- Açıkyıldız, Birgül (2010): The Yazidis: The History of a Community, Culture and Religion. I.B. Tauris. [EN]
- Allison, Christine (2001): The Yezidi Oral Tradition in Iraqi Kurdistan. Curzon. [EN]
- Allison, Christine (2017): « The Yazidis », Oxford Research Encyclopedia of Religion. [EN]
- Asatrian, Garnik / Arakelova, Victoria (2014): The Religion of the Peacock Angel: The Yezidis and Their Spirit World. Routledge. [EN, ARM]
- Eppel, Michael (2019): Genocidal Campaigns during the Ottoman Era: The Firmān of Mīr-i-Kura against the Yazidi Religious Minority in 1832–1834. Genocide Studies International 13(1), UTP. [EN]
- Izady, Mehrdad (1992): The Kurds: A Concise Handbook. Crane Russak. [EN]
- Kreyenbroek, Philip G. (1995): Yezidism: Its Background, Observances and Textual Tradition. Edwin Mellen. [EN]
- Maisel, Sebastian (2017): The Yezidis in Syria. Lexington. [EN]
- Omarkhali, Khanna (2017): The Yezidi Religious Textual Tradition: From Oral to Written. Harrassowitz. [EN, DE]
- Pirbari, Dimitri / Asatrian, Garnik (2018, 2020): plusieurs éditions de Mishur, Iranian Studies. [RU, EN]
- Rodziewicz, Artur (2016): Heft Sur, The Seven Angels of the Yezidi Tradition and Harran, Academia.edu. [EN]
- Spät, Eszter (2018): The Yezidis. Saqi Books. [EN]
Articles évalués par les pairs (score de confiance A)
- Asatrian/Arakelova « The Serpent Symbolism in the Yezidi Religious Tradition » (Iran and the Caucasus 15, 2011). [EN]
- Pirbari/Allison/Asatrian sur les manuscrits Mişūr (Iranian Studies 53, 2020). [EN]
- « What Explains the Abandonment of Yezidi People by the Kurdish Forces in 2014? » Ethnopolitics 20:4 (2021). [EN]
- « Framing the fall of Sinjar: Kurdish media’s coverage of the Yazidi genocide » Middle Eastern Studies 55:5 (2019). [EN]
- « The 72nd Firman of the Yezidis: A ‘Hidden Genocide’ during World War I? » Project MUSE. [EN]
Sources institutionnelles / officielles (score de confiance B)
- Résolution du Bundestag du 19.01.2023 (reconnaissance du génocide êzîdî) [DE]
- Brandeis Crown Center MEB 151 (mars 2023) [EN]
- International Crisis Group: rapports sur Sinjar 2018, 2020 [EN]
- Washington Institute: « Iraqi Yazidis Between KDP and PKK » [EN]
- NIOD (Pays-Bas): « Ten years of ongoing genocide » [EN, NL]
- Xedeng (Univ. Zakho): « Ottoman policy toward Yazidis » [EN, KU]
- Liste indicative de l’UNESCO: Lalîš (entrée 6467) [EN, FR]
- Mesopotamia Heritage: Lalîš + mausolée de Şêx Bakeur [EN, FR]
- Iranica: « YAZIDIS i. GENERAL »; « YAZIDIS ii. INITIATION »; « JAŽN-Ā JAMĀʿIYA » [EN]
- AINA / The Nestorians and their Rituals (Badger 1852) [EN]
Médias propres aux Êzîdî (score de confiance B/C)
- Êzîdîpress (DE): ezidipress.com/blog, divers articles: « Interview mit Heydar Shesho », « Barzani: keine êzîdîsche Flagge », « Flaggenstreit Sherfedîn », « Einweihung Georgien-Tempel », « HPŞ benennt sich HPÊ », « 1835 erster Êzîde in Deutschland », « The bloody shadow of Bedirkhan Beg », « Êzdîkî, die Sprache der Êzîden » [DE, EN]
- Êzîdîpress (RU): ezidipress.com/ru, « Езидская геральдика и национальные символы » [RU]
- Êzîdîpress (FR): ezidipress.com/fr, « Représentations yezidies et symboles nationaux » [FR]
- Yazda: yazda.org [EN, KU, AR]
- Free Yezidi Foundation: freeyezidi.org [EN]
- ZÊD (Conseil central des Êzîdî en Allemagne): zentralrat-eziden.com [DE]
- Ezidikhan.net: Ezidikhan.net [EN]
- Yezidi Cultural Heritage: yazidiculturalheritage.com [EN]
- Yezidi Truth (YezidiTruth.org) [EN]
- Peacock-Angel.org [EN]
- yezidisinternational.org [EN, AR]
- yezid74.ru (centre culturel êzîdî de Tcheliabinsk) [RU]
- ezdixane.ru [RU]
- yazidis.info (anglais/russe) [EN, RU]
Wikipedia / multilingue (score de confiance C, large)
- en.wikipedia.org: Yazidism, Yazidis, Tawûsî Melek, Yazidi genocide, Persecution of Yazidis, Êzîdxan Protection Force, Sharfadin Temple, Battle of Sharfadin Temple, Yazidi Movement for Reform and Progress, Lalish, Cejna Cemayê, Sheikh Shems, Hazim Tahsin Beg, Tahseen Said, Adi ibn Musafir, Yazdânism, Quba Mêrê Dîwanê, Sanjak [EN]
- de.wikipedia.org: Flagge Kurdistans, Liste jesidischer Flaggen [DE]
- ru.wikipedia.org: Езиды, Малак Тавус (via dic.academic.ru) [RU]
- fa.wikipedia.org: ایزدیان; ایزدی (دین) [FA]
- ar.wikipedia.org: الإيزيدية (via bahzani.net, awkafonline.gov.eg) [AR]
- hy.wikipedia.org / hy.wikisource.org: Եզդիներ; histoire populaire yézidie [HY]
- tr.wikipedia.org et sources turques: bayrakmuzesi.deu.edu.tr, geziland.com [TR]
- commons.wikimedia.org: Category:Yezidi flags [Multi]
Sources spécialisées multilingues
- Vexillology Wiki (Fandom): vexillology.fandom.com/wiki/Yazidi [EN]
- CRW Flags FOTW: crwflags.com/fotw/flags/iq_yezid.html [EN]
- Flaggenlexikon.de [DE]
- The Kurdish Project: thekurdishproject.org/kurdish-flag [EN]
- Brandeis MEB 151 (2023) [EN]
- Encyclopaedia Iranica: série YAZIDIS [EN]
- Spät, « Black Snake » (CEU) [EN]
- Spät, « Sanjak of the Peacock Angel » (CEU) [EN]
- Spät, « Ritual Items of Clothing » (CEU) [EN]
- Bahzani.net (diaspora êzîdî de Bahzani) [AR]
- awkafonline.gov.eg (ministère égyptien des Affaires religieuses sur les Yézidis) [AR]
- Aljazeera.net AR: « يعبدون الشيطان أم الشمس » [AR]
- Sotkurdistan.net (déclaration êzîdî en kurde) [AR/KU]
- Kurd-online.com [AR/KU]
- Iranica Online: entrées YAZIDIS [EN]
- Bofa.de: explication du drapeau du Kurdistan [DE]
- The Globetrotting Detective / Atlas Obscura / SouthWorld: Lalîš [EN]
- Kurdistan24: fêtes yézidies, point de vue du KDP [EN, KU]
- Rudaw.net: couverture sur les Yézidis [EN, KU]
- NPR: « Outmanned And Outgunned, Fighters Defend Yazidi Shrine » [EN]
- Al Jazeera (EN): « Germany recognises Yazidi massacre as genocide » [EN]
- The Conversation: « Strangers in their own land » (2021) [EN]
- Adobe Stock / sources photo du temple d’Aknalich [EN]
- Armenian Weekly: « Yezidi Temple Opening » [EN]
- Folkways.today / AbsoluteArmenia.com: Aknalich [EN]
- Nashaniva.com (biélorusse/russe): « Народ под бело-красно-белым флагом » [BE/RU]
- Hevsel Times (Erevan): « The Serpent Symbolism » [EN]
- TheGrammarOfMatter.wordpress.com: « Fountain and Tomb… Mulberry Tree » [EN]
Répartition des sources par langue (aperçu)
| Langue | Nombre de sources (≈) |
|---|---|
| Anglais | 40+ |
| Allemand | 15+ |
| Russe | 8 |
| Arabe | 7 |
| Arménien | 4 |
| Turc | 3 |
| Persan | 3 |
| Français | 4 |
| Italien | 2 |
| Néerlandais | 1 |
| Biélorusse | 1 |
| Kurmancî/Êzdîkî | sources traduites via Êzîdîpress |
| Géorgien | via les reportages d’Êzîdîpress |
Total documenté: 80+ sources, dont 25+ non anglophones.
PARTIE 9: Analyse académique approfondie (études clés)
9.1 Rodziewicz 2021: Heft Sur, the Seven Angels and Harran
Source: A. Rodziewicz, « Heft Sur – The Seven Angels of the Yezidi Tradition and Harran », dans Inventer les anges de l’Antiquité à Byzance: conception, représentation, perception (éd. D. Lauritzen), Travaux et mémoires 25/2, Paris 2021, pp. 943–1029.
Thèse centrale: la tradition êzîdî des Heft Sirran (sept anges) est la continuation directe de la théologie des Sabéens de Harran: une communauté de l’Antiquité tardive mésopotamienne dont la croyance était un mélange de néoplatonisme et de théologie astrale locale. Les sept anges correspondaient, dans la tradition harano-sabéenne, aux sept corps célestes visibles (Soleil, Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne) et aux sept jours de la semaine.
Après la destruction du complexe du temple sabéen de Harran, les derniers Sabéens migrèrent aux XIIe/XIIIe siècles vers Mardin et Mossoul, c’est-à-dire précisément dans la région où, à cette époque, la religion êzîdî prenait forme (avec Şêx Adî comme point de ralliement central). Rodziewicz soutient que la théologie des Heft Sirran n’est pas née « de rien », mais que les derniers Sabéens rejoignirent la communauté êzîdî naissante et apportèrent avec eux leur doctrine des sept anges.
Implication pour le drapeau:
- Le soleil à 7 rayons sur le drapeau êzîdî n’est pas seulement théologiquement cohérent, il a une généalogie archaïque, pré-islamique, qui remonte jusqu’à la théologie sabéenne de l’Antiquité tardive.
- Le soleil kurde à 21 rayons (Izady) et le construit yazdânî réduisent cette racine profonde à un projet pan-kurde moderne.
9.2 Asatrian/Arakelova 2014: The Religion of the Peacock Angel
Source: G.S. Asatrian / V. Arakelova, The Religion of the Peacock Angel: The Yezidis and Their Spirit World, Routledge 2014.
Thèses centrales:
- La religion êzîdî est une synthèse ethno-religieuse autonome comprenant des éléments issus de:
- la religion iranienne occidentale pré-zoroastrienne
- les cultes astraux mésopotamiens
- la vénération de Mithra
- l’Antiquité tardive gnostique-néoplatonicienne (via Harran)
- l’élément soufi `Adawiyya (Şêx Adî, XIIe siècle)
- Critique d’Izady: la construction d’une « religion yazdânî » unifiée comme précurseur du êzîdîsme, du yarsanisme et de l’alévisme n’est pas académiquement tenable, les trois traditions ont des racines historiques nettement différentes et ne dérivent pas d’une religion antérieure commune.
- Langue vs religion: l’auto-désignation des Êzîdî comme « Kurdes » ou « non-Kurdes » relève largement de la liberté de choix pour la recherche sur les minorités ethno-religieuses; la langue (kurmancî/êzdîkî) n’est pas nécessairement le marqueur identitaire primaire (Iran and the Caucasus, 2014).
9.3 Allison 2001/2017: tradition orale
Sources:
- C. Allison, The Yezidi Oral Tradition in Iraqi Kurdistan, Curzon 2001
- C. Allison, « The Yazidis », Oxford Research Encyclopedia of Religion, 2017
Points centraux:
- La religion êzîdî était exclusivement orale jusqu’au XXe siècle; les deux « livres sacrés » (Kitêbê Cilwe, Mishefê Reş) sont des textes plus anciens mis par écrit tardivement, et, sous leur forme actuelle, probablement en partie fabriqués (recherche de Mingana)
- Les Qewls (hymnes) sont la véritable « écriture » êzîdî, transmise oralement par la classe des chanteurs Qewal
- La fonction de mémoire du génocide des Dengbêj (chanteurs d’histoire orale) est fondamentale pour la formation identitaire êzîdî après 1832 ss.
9.4 Spät 2018: The Yezidis
Source: E. Spät, The Yezidis, Saqi Books 2018.
Constats clés:
- Les processions Tawûsgêran étaient actives jusque dans les années 1980; relancées sous une forme réduite après Sinjar 2014
- Les cinq Sanjaks perdus en 1892 ne sont pas identifiés de manière univoque – la tradition affirme qu’ils furent « détruits ou refondus par les Ottomans »
- L’endogamie de caste êzîdî est absolument contraignante: les familles Şêx se marient au sein des trois lignées Şêx; les familles Pîr au sein des 40 lignées Pîr; les Murids entre eux
- La fonction du Mîr êzîdî (lignée Qatanî) est héréditaire et politique, mais théologiquement subordonnée au Babê Şêx (lignée Şemsanî)
9.5 Omarkhali 2017: Yezidi Religious Textual Tradition
Source: Kh. Omarkhali, The Yezidi Religious Textual Tradition: From Oral to Written. Categories, Transmission, Scripturalisation and Canonisation of the Yezidi Oral Religious Texts, Harrassowitz 2017.
Points centraux:
- 40 manuscrits Mishur pour les 40 lignées Pîr, XIIIe siècle
- À ce jour, seulement 2 des 40 publiés
- Les Mishurs contiennent des arbres généalogiques + des listes de Murids, ce sont des documents identitaires d’une famille Pîr
- Pirbari/Asatrian (2018, 2020) ont édité de manière critique plusieurs Mishur (Mishur du Pir Sini Bahri/Pir Sini Darani; Mishur du Pir 'Omar Khalan; Mishur du Pir Amar Qubaysi)
9.6 Açıkyıldız 2010: architecture et culture matérielle
Source: B. Açıkyıldız, The Yazidis: The History of a Community, Culture and Religion, I.B. Tauris 2010.
Constats clés:
- L’architecture de Lalîš est à classer comme « type de mausolée islamique-mossouliote des XIIe/XIIIe siècles », donc tradition locale, sans référence directement zoroastrienne ou directement sumérienne
- Les tours coniques Schîvana correspondent aux mausolées chiites contemporains de la Mésopotamie du Nord
- L’architecture êzîdî se développe à partir du XIIe siècle parallèlement à la tradition soufie `Adawiyya (Şêx Adî), et non comme sa simple continuation
9.7 Eppel 2019: génocide de Mîrê Kor 1832–34
Source: M. Eppel, « Genocidal Campaigns during the Ottoman Era: The Firmān of Mīr-i-Kura against the Yazidi Religious Minority in 1832–1834 », Genocide Studies International 13(1), UTP 2019.
Points centraux:
- L’émir de Soran Muhammad Pacha de Rawanduz (« Mîrê Kor », l’« émir aveugle » , il perdit un œil au combat) mena en 1832–34 une campagne systématique d’extermination contre les Êzîdî des districts de Sheikhan et de Sinjar
- Victimes estimées: 70 000–135 000 morts pour probablement seulement env. 200 000 Êzîdî au total, soit un taux de survie de 30–50 %
- Le gouvernement central ottoman tolérait et soutenait en partie les actions, ce qui amène Eppel à les comptabiliser comme génocidaires-ottomanes
- Cette campagne est le tournant historique de l’auto-perception êzîdî comme « peuple assiégé », et le début démographique de la migration de la diaspora vers le Caucase (Arménie, Géorgie)
PARTIE 10: Quasi-calendrier: les principales fêtes êzîdî (clé des nombres)
| Fête | Date | Signification | Nombre-symbole |
|---|---|---|---|
| Çarşema Sor (Mercredi rouge) | premier mercredi d’avril lunaire-solaire | Nouvel an êzîdî, Tawûsî Melek sur terre | 1 |
| Fin du Çile de printemps | début avril | 40 jours de discipline printanière | 40 |
| Khidr-Khidr-Ailas | 2e semaine de février | semaine de purification, protection de Khidr | 7 |
| Çile Zivistanê (Çile d’hiver) | 21 déc – 1er fév | jeûne de 40 jours des ascètes | 40 |
| Roja Êzî (Fête de l’Êzî) | mardi–vendredi avant le solstice d’hiver | jeûne de 3 jours, renouvellement cosmologique | 3 |
| Cejna Cemayê (assemblée d’automne) | 6–13 octobre | fête de 7 jours à Lalîš, mémoire de Şêx Adî | 7 |
| Sacrifice du taureau (5e jour de la Cemayê) | 10 octobre | sacrifice du taureau pour la demande de pluie | , |
| Sema Êvarî (danse du soir) | chaque soir de la Cemayê | 12 hommes en blanc autour de la torche solaire | 12 |
| Tawûsgêran | variable selon les régions | procession du paon des Qewals | 7 |
| Roja Reş (Jour noir) | 3 août | 74e Ferman / génocide de Sinjar 2014 | 74 |
| Çile Havînê (Çile d’été) | fin juillet – début août | discipline de 40 jours | 40 |
| Mor-Kirin (baptême des enfants) | individuel | aspersion d’eau de Kanîya Spî 3× | 3 |
| Mariage êzîdî | individuel | dominance du rouge, cadeau de grenade | , |
| Deuil (Cilê Reş) | après un décès | 40 jours de deuil + fin du deuil à 1 an | 40 |
Observation numérologique centrale: l’année êzîdî est organisée autour des nombres structurants 7 (anges/jours/structure hebdomadaire) et 40 (discipline ascétique, phases de deuil). Le nombre 3 structure la pratique quotidienne (prières, aspersion de source). Le nombre 74 est le nombre du trauma, qui marque toute la conscience de soi êzîdî moderne.
PARTIE 11: Numérologie interculturelle: les Êzîdî en comparaison
11.1 Nombre 7: sacré universellement
| Religion / Tradition | Nombre 7 |
|---|---|
| Êzîdîsme | 7 Heft Sirran, 7 districts Sanjak, 7 piliers de l’iwan de Lalîš |
| Mésopotamie (Sumer/Akkad) | 7 planètes-sphères, 7 dieux principaux Anunnaki, ziggurat à 7 étages, 7 tablettes de Gilgamesh |
| Bible hébraïque | semaine de la création, sabbat, 7 branches de la Menorah, 7 anges-sphères |
| Islam | 7 cieux (Q 71:15), 7 terres, 7 stations du Hajj, tawaf septuple |
| Christianisme | 7 sacrements, 7 dons du Saint-Esprit, 7 vertus, 7 péchés |
| Hindouisme | 7 chakras, 7 Rishi (Saptarshi), 7 mondes (sapta-loka) |
| Yarsanisme | 7 manifestations de Dieu (haftan), 7 cieux |
| Mithraïsme | 7 grades de mystères |
11.2 Nombre 40: discipline, transition, purification
| Tradition | Nombre 40 |
|---|---|
| Êzîdîsme | Çile (jeûne de 40 jours), 40 lignées Pîr, 40 Mishur, temple de Chel-Mera |
| Mésopotamie | 40 jours de pluie du Déluge (épopée d’Atrahasis) |
| Bible | Moïse 40 jours sur la montagne, Déluge 40 jours, Jésus 40 jours de jeûne |
| Islam | 40 jours de levée du deuil, idda de 40 jours, Arba’în |
| Chiisme | 40 jours après Karbala = pèlerinage de l’Arba’în |
| Soufisme | Çillexâne = retraite de 40 jours du Murîd |
| Chrétien-orthodoxe | 40 jours de Carême, 40 jours du berceau à la présentation au Temple |
11.3 Nombre 21: affirmation yazdânî vs réalité
L’hypothèse d’Izady (1992) selon laquelle 21 serait sacré transversalement au yazdânisme (au êzîdîsme, au yarsanisme et à l’alévisme de manière égale) ne résiste pas de façon constante à l’examen académique:
- Êzîdîsme: le nombre 21 est secondaire; les nombres sacrés primaires sont 7, 40, 360, 365, 3003
- Yarsanisme: le nombre 7 (Haftan), pas 21
- Alévisme: le nombre 12 (Imams), pas 21
- 21 mars = Newroz pan-iranien, pas exclusivement yazdânî
- 21 jours de réincarnation: seulement chez Izady (1992), d’autres sources propres aux Êzîdî ne mentionnent pas ce délai
Conclusion: la tradition yazdânî du 21 est une construction moderne organisée, et non une vérité transmise pré-moderne. Elle est utilisée sur les drapeaux êzîdî parce qu’elle s’accorde pragmatiquement avec le soleil kurde – non parce qu’elle est originellement êzîdî.
11.4 Nombre 72: écho de Karbala
| Tradition | Nombre 72 |
|---|---|
| Êzîdîsme | 72 Fermane (génocides), tradition avant l’EI |
| Chiisme (duodécimain) | 72 martyrs de Karbala (10 Muharram 680 EC) |
| Apocalyptique mésopotamienne-juive | 72 peuples / 72 langues du monde |
| Kabbale | Shem ha-Mephorash (nom de Dieu à 72 lettres) |
| Iran (Avesta) | 72 chapitres du Yasna |
La tradition arméno-êzîdî (hy.wikisource) rend le lien avec Karbala explicite: « Le drapeau des Êzîdî était blanc avant Karbala; après Karbala, en signe du sang rouge, blanc et rouge. » Cette tradition n’est peut-être pas prouvable historiquement, mais c’est un important constat d’auto-déclaration.
11.5 Nombre 365: année solaire
| Tradition | Nombre 365 |
|---|---|
| Êzîdîsme | 365 lampes à Lalîš, 365 figures sacrées |
| Égyptien | 365 + 5 jours intercalaires, calendrier solaire |
| Mésopotamien | 360 + 5, année solaire |
| Hindou (tantra) | 365 manifestations principales de Shakti |
11.6 Nombre 6776: revendication calendaire
Le calendrier êzîdî, avec un point zéro autour de 4757 av. J.-C., est le plus ancien décompte annuel continu revendiqué parmi les religions existantes – plus ancien que le juif (5786), le zoroastrien (3764), le bouddhiste (2570). Académiquement, le point zéro n’est pas attesté, mais la conscience de soi de la diaspora en vit.
PARTIE 12: Citations de sources primaires multilingues (pour validation)
Afin que les affirmations de ce document restent vérifiables et ne soient pas seulement rapportées mais attestées, les déclarations centrales sont ici citées dans leur langue originale respective.
12.1 Russe: Êzîdîpress (2016) sur la genèse du drapeau
„Существовало условное деление на области (санджаки, что значит «округ» и «знамя»), и у каждой из них было свое знамя в виде металлического образа павлина «таус». Всего было семь таких областей с густонаселённым езидским населением: Шейха, Шангал (Синджар), Хаккяри, Халеб (Алеппо), Таврез (Тебриз), Валате Халта (страна Халтов) и Сархад."
Traduction: « Il existait une division traditionnelle en régions (Sanjaks, ce qui signifie à la fois ‹ district › et ‹ bannière ›), et chacune d’elles avait sa propre bannière sous la forme d’une image métallique de paon ‹ taus ›. Au total, il y avait sept de ces régions à population êzîdî dense: Sheikhan, Shangal (Sinjar), Hakkârî, Halab (Alep), Tabriz, Walatê Xalta (pays des Xalt) et Sarhad. »
Source: Êzîdîpress RU 2016-09-04.
12.2 Russe: Êzîdîpress (2016) sur le blason de Lalîš
„Герб Эзидхана – один из древнейших в мире и высечен он над входом в храм Лалыш. На езидском гербе изображены два противостоящих друг другу павлина, а между ними символ мирового древа."
Traduction: « Le blason d’Êzdîxan est l’un des plus anciens du monde et fut taillé dans la pierre au-dessus de l’entrée du temple de Lalîš. Le blason êzîdî montre deux paons se faisant face, et entre eux le symbole de l’arbre du monde. »
Source: Êzîdîpress RU 2016-09-04.
12.3 Arménien: Wikisource « histoire populaire yézidie »
„Եզդիների դրոշը Քերբալայի կռվից առաջ եղել է սպիտակ, բայց Քերբալայի կռվից հետո, ի նշան թափված կարմիր արյան, եզդիների դրոշը դարձավ կարմիր և սպիտակ։"
Traduction: « Le drapeau des Êzîdî était blanc avant la bataille de Karbala, mais après la bataille de Karbala, en signe du sang rouge versé, le drapeau des Êzîdî devint rouge et blanc. »
Source: hy.wikisource histoire populaire yézidie.
12.4 Arabe: Bahzani.net sur la symbolique du paon
„طاووس ملك يعتبر اسماً من بين 3003 أسماء لله، وهو من سيماء الألوهية"
Traduction: « Tawûs Melek est considéré comme l’un des 3003 noms de Dieu et fait partie des manifestations de la divinité. »
Source: Bahzani.net AR.
12.5 Allemand: Êzîdîpress (avril 2015) sur l’interview de Shesho
„Auch für unsere Flagge Êzîdxans haben wir dutzende Opfer gebracht. […] Das Leichentuch Heydar Sheshos wird die Flagge Êzîdxans sein."
Traduction: « Pour notre drapeau d’Êzîdxan aussi, nous avons consenti des dizaines de sacrifices. […] Le linceul de Heydar Shesho sera le drapeau d’Êzîdxan. »
Source: Êzîdîpress DE 2015-04-14, interview de Heydar Shesho.
12.6 Allemand: Êzîdîpress (avril 2015) déclaration de Barzani
„Die kurdische Regierung wird keine andere Flagge als die kurdische akzeptieren."
Traduction: « Le gouvernement kurde n’acceptera aucun autre drapeau que le drapeau kurde. »
Source: Êzîdîpress DE 2015-04-08 (président du GRK Massoud Barzani).
12.7 Anglais: Brandeis Middle East Brief 151 (2023)
„Yazidis increasingly use the term Ezdiki rather than Kurdish Kurmanji, and instead of honoring the red, white, and green flag of Kurdistan, Yazidis celebrate their own distinct symbols."
Source: Brandeis Crown Center MEB 151, mars 2023.
12.8 Persan (farsi): Wikipedia ایزدیان
„دین ایزدی یک دین قومباور و یکتاپرست است که ریشه در یک دین باختر ایرانی پیش از زرتشت دارد. شیخ عدی و ملک طاووس دو عنصر مهم در آیین ایزدیاناند."
Traduction: « La religion êzîdî est une religion ethno-religieuse et monothéiste, ayant ses racines dans une religion iranienne occidentale antérieure à Zarathoustra. Şêx Adî et Tawûs Melek sont deux éléments centraux de la religion êzîdî. »
Source: fa.wikipedia.org « ایزدیان ».
12.9 Français: Êzîdîpress FR (2016)
„Après les événements du 3 août 2014 […] la milice HPŞ a hissé un nouveau drapeau yezidi sur les territoires libérés de l’EI. La raison de l’émergence du drapeau yezidi est que les partis kurdes avaient tenté d’imposer leurs drapeaux aux Yezidis au-dessus du sanctuaire de Sharfadin."
Source: Êzîdîpress FR 2016-09-07.
12.10 Biélorusse/russe: Nashaniva.com
„Народ под бело-красно-белым флагом, который недавно пережил геноцид."
Traduction: « Le peuple sous le drapeau blanc-rouge-blanc, qui a récemment vécu un génocide. »
Source: nashaniva.com, reportage sur les Êzîdî 2021/22.
PARTIE 13: Analyse détaillée de toutes les variantes de drapeau êzîdî dans Wikimedia Commons
Wikimedia Commons (Category:Yezidi_flags) répertorie 31 fichiers présentant diverses variantes de drapeau êzîdî, plus une sous-catégorie « Flags of the Sinjar Alliance » comptant 8 fichiers. Voici un aperçu systématique des principales variantes:
13.1 Drapeau standard de la diaspora
- Fichier:
Ezidi Flag.jpg,Yezidi Flag.svg, « Yazidism National Flag » - Design: tricolore horizontale blanc-rouge-blanc (1:2:1), soleil doré au centre
- Rayons: 21 (variante standard de la diaspora)
- Usage: associations de la diaspora, ZÊD, Yazda, FYF
13.2 Variante HPÊ
- Fichier:
Êzîdxan Protection Force.svg - Design: blanc-rouge-blanc, bande rouge centrale deux fois plus large
- Rayons: 24
- Usage: milice HPÊ, depuis novembre 2015 (auparavant HPŞ depuis l’été 2014)
13.3 Yazidi Movement for Reform and Progress
- Design: divisé horizontalement rouge/blanc, soleil jaune au centre
- Rayons: variable (le plus souvent 16 dans cette variante)
- Usage: parti d’Amin Farhan, depuis novembre 2004
13.4 Variante d’Arménie avec paon
- Fichier: « Yezidi flag in Armenia »
- Design: blanc-rouge-blanc, au lieu du soleil un paon au centre
- Usage: Yezidi National Union en Arménie
13.5 Drapeau-blason d’Êzdîxan
- Fichier:
Flag of Êzîdxan.png - Design: blanc-rouge-blanc avec le blason d’Êzdîxan (deux paons avec l’arbre du monde) au centre
- Usage: gouvernement de la diaspora Ezidikhan.net
13.6 Variante Russie/Caucase
- Design: divisé verticalement rouge/blanc avec soleil jaune; parfois en plus un symbole d’étendard blanc avec le paon Tawûs
- Usage: diaspora russo-arméno-géorgienne avant 2014
13.7 Variante yézidie irakienne (2001)
- Source: Flag Bulletin 2001
- Design: « triband horizontal vert-rouge-jaune »
- Remarque: il s’agit de la variante kurde tricolore, utilisée dans la communauté êzîdî affiliée au KDP. Pas le drapeau standard actuel de la diaspora.
13.8 Shengal Democratic Autonomy Flag (2017)
- Design: horizontal avec proportions 1:2, bande rouge supérieure avec 7 étoiles dorées sur une ligne (étoile centrale plus grande), bande verte inférieure avec soleil doré à 24 rayons
- Usage: administration autonome de Shengal affiliée au PKK/YBŞ
- Signification: 7 étoiles explicitement pour les 7 anges, schéma vert-rouge typique du PKK
- Cette variante présente un constat académiquement intéressant: le premier symbole textile à iconographie de 7 étoiles dans le contexte êzîdî
13.9 Êzîdxan Women’s Units (YJÊ)
- Design: soleil jaune sur vert/rouge, style YPJ
- Usage: unités de défense des femmes de Sinjar
13.10 Sinjar Alliance (confédération)
- Sous-catégorie: « Flags of the Sinjar Alliance » (Wikimedia 8 fichiers)
- Membres existants jusqu’en 2017: HPÊ, Sinjar Resistance Units (YBŞ), Êzdîxan Women’s Units (YJÊ)
- Bannière standard de l’alliance de Sinjar: blanc-rouge-blanc avec soleil jaune
PARTIE 14: Le Sancak en détail (avec discipline du Sirr)

Représentation historique de Tawûsî Melek dans The Nestorians and their Rituals de Badger (1852). Les Sancak (étendards sacrés avec figure de paon au sommet) sont le signe souverain et sacré êzîdî originel, la reproduction photographique directe est discutée de manière controversée dans la communauté êzîdî par discipline du Sirr; nous utilisons délibérément la représentation imprimée historique plutôt qu’une statuette actuelle. · Licence: Domaine public · Source: Wikimedia Commons
14.1 Forme matérielle
- Bronze ou cuivre, statuette de paon
- Posée sur un socle muni de lampes à huile d’olive qui brûlent pendant le Tawûsgêran
- Hauteur: variable selon les régions, estimations 30–60 cm
- Poids: lourd; portable uniquement par des Qewals expérimentés
- Conservation historique: à Lalîš ou dans le palais du Mîr à Baadre
14.2 Fonction
- Image mobile de Tawûsî Melek: non pas un « simple symbole », mais une actualisation rituelle de l’ange-paon
- Visiteur de la communauté: lors de la procession Tawûsgêran, Tawûsî Melek vient « rendre visite », les Êzîdî l’accueillent avec une offrande, un baisemain sur le Sancak (porté par-dessus un tissu)
- Collecteur de dons: le Tawûsgêran est aussi économiquement central, car la tournée finance les Qewals et le sanctuaire de Lalîš
14.3 Histoire des pertes
| Date | Événement |
|---|---|
| 1892 | Massacre d’Omar Wahbi Pacha. 5 des 7 Sanjaks dérobés ou détruits |
| XXe siècle | Conservation clandestine par phases en raison des restrictions ottomanes |
| Années 1980 | Le Tawûsgêran est réprimé sous Saddam |
| Années 1990–2000 | Renaissance partielle |
| 2014 | Génocide de Sinjar. La tradition du Tawûsgêran s’effondre à Sinjar |
| après 2017 | Lentement relancée à Sheikhan et dans la diaspora |
14.4 Discipline du Sirr (tabou)
Les contenus suivants relèvent du Sirr êzîdî (discipline du secret) et ne sont ici pas détaillés:
- Rituels intérieurs de consécration des Sanjaks
- Forme exacte de la tête du paon / nombre de plumes / gravures
- Initiation orale des Qewals autorisés à porter un Sancak
- Quelles séquences de Qewl sont récitées pendant le Tawûsgêran
- Comportement envers le Sancak dans des espaces clos
Source: Spät; Asatrian/Arakelova; tradition êzîdî.
PARTIE 15: Généalogie du Mîr (lignée Qatanî) comme contexte souverain
Comme le drapeau êzîdî n’a en réalité été consacré par aucun décret du Mîr, la fonction du Mîr elle-même est le contexte dans lequel une éventuelle codification pourrait avoir lieu. Voici les Mîr les plus récents:
| Mîr | Mandat | Remarque |
|---|---|---|
| Mîrza Beg | XIXe siècle | Converti de force sous Omar Wahbi en 1892 |
| Said Beg | fin XIXe siècle – 1944 | Transition vers la fonction moderne de Mîr |
| Tahsîn Said Beg | 1944–28.01.2019 | 75 ans Mîr; coopération avec le KDP, identité êzîdî préservée |
| Hazim Tahsin Beg | depuis le 27.07.2019 | intronisation proche du KDP; scepticisme de la diaspora |
Prises de position du Mîr sur le drapeau:
- Tahsîn Said Beg soutint implicitement en 2015 le HPÊ et Heydar Shesho; intervint pour la libération de Shesho après son arrestation par le KDP
- Hazim Tahsin Beg n’a pas rejeté le drapeau blanc-rouge-blanc lors d’apparitions officielles (présence à la réinauguration de Sharfadin, etc.), mais ne l’a pas non plus officiellement codifié, il se trouve dans le champ de tension du KDP
Lacune de recherche: une position écrite du Mîr sur la question du drapeau fait jusqu’ici défaut. La lignée du Mîr semble laisser sciemment la question ouverte afin de ne pas compromettre sa relation avec le KDP.
PARTIE 16: Annexe: Qewls et mythes importants qui se reflètent dans la symbolique du drapeau
16.1 Qewlê Zebûnî Meksûr: mythe de la création
De ce Qewl central provient l’idée de la perle blanche comme substance primordiale de toute la création. De la perle éclatée jaillirent les couleurs rouge, blanc et jaune: les trois couleurs principales êzîdî du drapeau moderne.
Passages importants (restitution selon le sens, à partir des sources consultées):
- Dieu créa sous forme spirituelle une perle blanche à partir de sa lumière
- La perle resta 40 000 ans dans un état de Ruh (repos)
- Puis la perle éclata, et d’elle émergèrent les 7 anges et le monde créé
- Tawûsî Melek reçut de Dieu la mission de bénir le monde terrestre, et descendit sous la forme d’un paon aux sept couleurs
(Source: Asatrian/Arakelova; Allison; Spät; Rodziewicz)
16.2 Qewlê Berriya Pirhan-Pîrê Şalyar
Qewl de création et de cosmologie, dans lequel les 14 sphères (7 cieux + 7 terres) sont concrètement nommées.
16.3 Qewlê Mar-i Reş
Qewl du serpent noir, raconte le sauvetage lors du Déluge.
16.4 Qewlê Çarşema Sor
Qewl du Nouvel an, décrit la descente de Tawûsî Melek sur la terre nouvellement créée le mercredi.
PARTIE 17: Tableau comparatif: drapeau êzîdî vs autres drapeaux régionaux
| Drapeau | Disposition | Soleil (rayons) | Couleurs | Théologie/Politique |
|---|---|---|---|---|
| Standard êzîdî (diaspora) | blanc-rouge-blanc horizontal | soleil jaune (7/21/24) | blanc, rouge, jaune | tradition êzîdî, post-2014 |
| Kurdistan (GRK) | rouge-blanc-vert horizontal | soleil jaune (21 rayons) | rouge, blanc, vert, jaune | pan-kurde, 1992 |
| Êzdîxan Protection Force | blanc-rouge-blanc | soleil jaune (24 rayons) | blanc, rouge, jaune | milice HPÊ, 2015 |
| Yazidi Movement Reform | rouge-blanc divisé | soleil jaune | rouge, blanc, jaune | parti d’A. Farhan, 2004 |
| Autonomie démocratique de Sinjar | rouge en haut (7 étoiles), vert en bas (soleil) | soleil jaune à 24 rayons | rouge, vert, jaune | affilié PKK/YBŞ, 2017 |
| République de Mahabad (1946) | rouge-blanc-vert horizontal | symbolique complexe | rouge, blanc, vert | éphémère république kurde |
| République d’Ararat (1927–30) | rouge-blanc-vert | soleil | rouge, blanc, vert | république insurrectionnelle kurde |
| Iran (République islamique) | vert-blanc-rouge | inscription divine | vert, blanc, rouge | république islamique |
| Irak (aujourd’hui) | rouge-blanc-noir | Allahu Akbar | rouge, blanc, noir | standard de la Ligue arabe |
Différence centrale: le drapeau standard êzîdî évite activement le vert et combine uniquement le blanc, le rouge et le jaune, les trois couleurs sacrées êzîdî issues du mythe de la création.
PARTIE 19: Yarsanisme, alévisme: comparaison avec le êzîdîsme (la question yazdânî en détail)
L’affirmation fréquente selon laquelle le êzîdîsme, le yarsanisme (Ahl-e Haqq) et l’alévisme seraient trois branches d’une « religion yazdânî » unifiée provient exclusivement de Mehrdad Izady et est académiquement controversée (Asatrian/Arakelova; Allison; Kreyenbroek). Voici une confrontation systématique des concepts théologiques centraux.
19.1 Être divin suprême
| Tradition | Manifestation suprême |
|---|---|
| Êzîdîsme | Xwedê (un Dieu), Tawûsî Melek comme chef des 7 anges |
| Yarsanisme | Sultan Sahak (incarnation divine), 7 manifestations Haftan |
| Alévisme | Allah / Hak (mêlés), vénération d’Ali |
| Conclusion | Aucune théologie commune de la sphère suprême |
19.2 Nombre sacré 7
| Tradition | Nombre 7 |
|---|---|
| Êzîdîsme | 7 Heft Sirran (anges des mystères) |
| Yarsanisme | 7 Haftan (incarnations divines) |
| Alévisme | moins centré sur le 7, plutôt 12 (Imams) |
Convergence partielle. Les Êzîdî et les Yarsanis partagent la structure des 7 manifestations, mais pas l’alévisme.
19.3 Nombre sacré 12
| Tradition | Nombre 12 |
|---|---|
| Êzîdîsme | 12 hommes dans la danse Sema, sinon pas central |
| Yarsanisme | 12 tribus, influence chiite duodécimaine |
| Alévisme | 12 Imams (central, héritage chiite duodécimain) |
19.4 Réincarnation
| Tradition | Concept de réincarnation |
|---|---|
| Êzîdîsme | kiras guhorîn (« changement de chemise »), pas de 21 jours |
| Yarsanisme | dônâdônî (« renaissance après renaissance ») |
| Alévisme | tenâsuh, partiellement oui, variable selon les régions |
La convergence réside dans la doctrine de la réincarnation, ce qui distingue les trois traditions de l’islam sunnite et du christianisme.
19.5 Newroz et Nouvel an de printemps
| Tradition | Fête de printemps |
|---|---|
| Êzîdîsme | Çarşema Sor (Mercredi rouge), premier mercredi d’avril lunaire-solaire |
| Yarsanisme | Nawrôz comme dans le zoroastrisme iranien (21 mars) |
| Alévisme | Nawrôz (21 mars) plus tradition de Hızır |
Le êzîdîsme diverge par Çarşema Sor, ce n’est pas le 21 mars, mais le mercredi d’avril lunaire-solaire, ce qui relativise encore la tradition du 21 d’Izady.
19.6 Mythe de la création: la perle blanche
| Tradition | Substance primordiale de la création |
|---|---|
| Êzîdîsme | Perle blanche, dans laquelle Dieu repose 40 000 ans |
| Yarsanisme | Perle-mère (mother-pearl), concept similaire |
| Alévisme | pas central |
La plus forte convergence yézidi-yarsani se situe ici; mais cela non plus n’est pas une religion unifiée, mais un monde de symboles partagé.
19.7 Bilan: le construit yazdânî est surévalué
La critique d’Asatrian/Arakelova à l’égard d’Izady (1992) est académiquement fondée:
- Le êzîdîsme, le yarsanisme et l’alévisme partagent certaines structures (sacralité du 7, réincarnation, mythologies autour de Tawûs/Sahak/Ali), mais ils ont des généalogies nettement différentes:
- Êzîdîsme: tradition `Adawiyya de Şêx Adî du XIIe siècle, + substrat sabéen de Harran (Rodziewicz)
- Yarsanisme: tradition de Sultan Sahak du XIVe siècle, + couche irano-soufie
- Alévisme: tradition anatolienne Bektaşiyya, + héritage turco-chiite
- La construction d’une « religion yazdânî » unifiée est une catégorie politique, et non un constat de l’histoire des religions.
Implication pour le drapeau êzîdî: Justifier les 21 rayons comme « nombre sacré yazdânî » est politiquement pan-kurde, et non théologiquement centré sur les Êzîdî. La variante à 7 rayons est donc le choix théologique le plus correct.
PARTIE 20: Tradition persane et sassanide du paon (racine pré-êzîdî)
20.1 Orfèvrerie sassanide (IIIe–VIIe siècle EC)
La recherche archéologique documente des motifs de paon sur l’orfèvrerie sassanide en argent et en bronze comme symbolique royale importante (ResearchGate; Hurriyet Daily News « The peacock: A symbol of royalty »). Cette symbolique du paon:
- représente l’éclat royal (xvarenah)
- se relie à la symbolique solaire (tradition de Mithra)
- se retrouve sur des coupes royales, des monnaies et des éléments architecturaux
- est plus ancienne que la symbolique du paon du trône du Paon moghol (XVIIe siècle)
20.2 Culte de Mithra et le paon
Dans le mithraïsme (religion pré-zoroastrienne et partho-sassanide), le paon est un symbole accompagnant le soleil. Mithra, en tant que dieu de la lumière, de la fidélité au contrat et de l’ordre cosmique, est associé à la symbolique de la plume de queue de paon-comme-rayon-de-soleil, exactement la lecture qui est centrale dans la tradition êzîdî (Periesproject Penn).
Plausibilité géographique:
- Le culte de Mithra était présent dans les régions iraniennes-mèdes pré-zoroastriennes (la Médie = Iran occidental = région du Kurdistan)
- La symbolique du paon migra de l’Inde vers l’Iran et la Mésopotamie via les routes de l’empire achéménide
- La culture de cour sassanide (IIIe–VIIe siècle) répandit l’iconographie royale du paon dans la région de Mossoul
- Les racines êzîdî du XIIe siècle (Şêx Adî) s’appuient sur une couche de substrat pré-islamique continue, imprégnée de sassanide-mithraïsme
20.3 Tradition indienne du paon
- Skanda/Kartikeya: le paon comme monture divine
- Krishna: plume de paon dans la couronne
- Dynastie Mayura (IIIe siècle av. J.-C.): Chandragupta Maurya choisit le paon comme animal-symbole
- Reliefs bouddhistes des stupas: paons fréquents
La thèse d’une origine indienne de la symbolique êzîdî du paon est une thèse de prédilection de la diaspora (Devdutt Pattanaik); académiquement, elle est peu attestée, plus probable est la convergence indo-iranienne, dans laquelle plusieurs traditions ont conjointement vu le paon comme animal divin-royal.
20.4 Tradition hellénistique gréco-romaine du paon
- Héra / Junon: paons sacrés, dont les yeux de la queue portent les yeux du gardien Argos
- Culte des impératrices romaines: monnaies au paon comme symbole de l’apothéose des impératrices défuntes
- Antiquité tardive chrétienne: paon = résurrection, parce que sa chair, selon Pline, ne se corrompt pas
- Byzantin: mosaïques de paons à San Vitale (Ravenne), dans les allégories des vertus
Cette symbolique occidentale parallèle du paon suggère que le paon était considéré dans toute l’Antiquité tardive euro-indo-iranienne comme symbole divin-royal, la tradition êzîdî est une variante est-méditerranéenne de ce phénomène pan-antique tardif, et non une création isolée unique.
20.5 Références mésopotamiennes-akkadiennes au paon
- Tammuz / Dumuzi: dieu de la végétation mourant et ressuscitant. Lien étymologique présumé (mais non prouvable) avec « Tawûs Melek » via Tammuz Malku → Tawus Melek
- Astarté / Ishtar: symbole de l’oiseau (souvent le hibou, mais aussi le paon)
- Marduk: 50 noms, pantocrator cosmique
Bahzani.net AR plaide pour l’étymologie de Tammuz; la phonétique linguistique est plausible, mais ne fait pas consensus.
PARTIE 21: Détail de la symbolique yézidie dans la tenue
La tenue êzîdî (Cilê Spî et tenue colorée) est un important vecteur de messages visuels-symboliques.
21.1 Cilê Spî: tenue rituelle blanche
- Qui la porte: les dignitaires Şêx, Pîr et Feqîr; aussi lors des enterrements et de certaines fêtes
- Symbolique: pureté, lien avec les anges Heft Sirran
- Matériau: laine ou coton, non teint
- Interdiction: aucune coupe, aucune couture avec du fil bleu
- Statut: strictement sacré
21.2 Tenue féminine avec broderie de paon
- Pièce de poitrine et bordures de tablier souvent avec broderie stylisée de plume de queue de paon
- Palette de couleurs: dominance or-rouge-blanc; pas de bleu
- Régionalité: la tenue du Sheikhan se distingue de la tenue de Sinjar par les détails du motif de broderie
- Robe de mariée: rouge ou blanc-rouge, souvent avec des motifs de grenade
21.3 Tenue masculine (en dehors du Cilê Spî)
- Şal-û-Şepik (tenue standard kurmancî): tissu brun-beige, pantalon bouffant, chemise, gilet
- Şal (ceinture de tissu) en rouge ou à motifs
- Coiffe: Cemedanî (turban-foulard) de différentes couleurs, rouge, jaune, blanc courants
21.4 Tenue de deuil (Cilê Reş)
- Noir pour les 40 premiers jours après un décès
- Hommes: Şal-û-Şepik noir
- Femmes: robe noire, sans bijoux
- Après 40 jours: tons sombres (brun, gris-bleu foncé exceptionnellement, mais pas de bleu clair) pour le reste de l’année de deuil
PARTIE 22: Statut mondial du drapeau êzîdî dans la diaspora (2026)
22.1 Reconnaissance quasi-étatique
- Géorgie (2015): le DWEG l’a officiellement enregistré comme « drapeau des Êzîdî en Géorgie », utilisé lors de l’inauguration du temple à Tbilissi
- Arménie (2019): lors de l’inauguration du temple d’Aknalîç, toléré/ respecté par les représentants du gouvernement arménien; port officiel conjoint avec le drapeau d’État arménien
22.2 Drapeaux de parti vs drapeau national
- Les partis politiques êzîdî (Yazidi Movement for Reform and Progress, gouvernement de la diaspora Ezidikhan, HPÊ) séparent sciemment leur drapeau de parti du drapeau standard de la diaspora:
- Le drapeau standard de la diaspora (blanc-rouge-blanc + soleil) est considéré comme « le drapeau êzîdî »
- Les drapeaux de parti viennent en complément
22.3 Usage dans le monde
| Pays | Statut |
|---|---|
| Allemagne | Standard lors des manifestations du 3 août; le ZÊD le porte officiellement |
| États-Unis (Lincoln NE, Nashville) | Standard lors des commémorations |
| Suède | Standard, aux côtés du drapeau d’État suédois |
| Belgique | Standard dans les associations êzîdî |
| Pays-Bas | Standard |
| France | Standard, plus tradition arménienne (variante avec paon) |
| Arménie | Temple d’Aknalîç + Yezidi National Union (variante avec paon) |
| Géorgie | Drapeau officiel des Êzîdî depuis 2015 |
| Russie | Usage de la diaspora à Moscou, région de la Volga |
| Australie | Standard |
| Irak (Sinjar) | Variante HPÊ (24 rayons) et standard en parallèle |
| Irak (GRK, Sheikhan, Lalîš) | Pression du KDP en faveur de la tricolore kurde |
22.4 Cas d’interdiction ou de restriction
- En Turquie, le drapeau êzîdî n’est pas interdit, mais problématique du point de vue de l’État turc en raison des risques d’association au PKK
- En Iran, il est de facto réprimé
- En Syrie (zones du PYD), il est respecté, mais la symbolique du PYD est hissée à côté
PARTIE 23: Controverses académiques (état 2026)
23.1 « Êzîdî = Kurdes ou groupe ethno-religieux propre ? »
Nationalistes kurdes / position du KDP:
- Les Êzîdî sont « des Kurdes d’une autre religion »
- L’êzdîkî est « un dialecte du kurmancî, pas une langue propre »
- Le drapeau du Kurdistan devrait aussi être porté par les Êzîdî
Position de la majorité êzîdî (diaspora):
- Groupe ethno-religieux autonome (Asatrian/Arakelova, Açıkyıldız, Allison, Spät, Maisel)
- L’êzdîkî est une auto-désignation légitime, même si linguistiquement une variante du kurmancî
- Drapeau propre aux Êzîdî (blanc-rouge-blanc + soleil)
Mainstream académique:
- Tend vers la position de la majorité êzîdî
- Le Bundestag 2023 suit explicitement cette ligne
23.2 « Pré-zoroastrien ou post-XIIe siècle ? »
Thèse de la diaspora:
- Le êzîdîsme est une religion iranienne occidentale pré-zoroastrienne
- Plus ancien que le judaïsme, le christianisme, l’islam
- Le calendrier 6776 appuie cela
Consensus académique:
- Le êzîdîsme, sous sa forme actuelle, se constitue à partir de Şêx Adî (XIIe siècle) par synthèse de:
- tradition soufie `Adawiyya
- cultes astraux mésopotamiens
- théologie sabéenne-haranienne des sept anges (Rodziewicz)
- substrat iranien occidental pré-zoroastrien (possible, mais non attestable de manière univoque)
Lecture synthétique: La religion êzîdî contient des éléments pré-zoroastriens, mais elle n’est pas une continuation directe d’une religion pré-zoroastrienne. C’est une synthèse médiévale-mésopotamienne avec des couches de substrat archaïques.
23.3 « Sinjar ou Lalîš comme siège du Mîr ? »
Revendication de la diaspora:
- Sinjar comme région autonome d’Êzîdîxan
- Déplacer le siège du Mîr du Sheikhan contrôlé par le KDP vers Sinjar
Position du KDP:
- Lalîš et Sheikhan sous contrôle du GRK
- Sinjar est un « district kurde »
Réalité après 2014:
- Sinjar détruit, démographiquement décimé
- Lalîš toujours fonctionnel, mais sous pression du KDP
- La lignée du Mîr évolue politiquement dans le corridor du KDP
PARTIE 24: Conclusions clés de la recherche multilingue
24.1 Ce que toutes les langues confirment
- Le paon-Sancak comme signe souverain êzîdî pré-drapeau est documenté de manière continue en DE, EN, RU, AR, AM, FR
- Le blanc-rouge-blanc comme standard de la diaspora depuis 2014 est continu
- Lalîš + Tawûsî Melek comme symboles centraux sont continus
- Les 74 Fermane comme nombre traumatique êzîdî sont continus
24.2 Ce qui est accentué différemment selon les langues
- Les sources russes (Êzîdîpress, yezid74.ru, Aurora) soulignent fortement la tradition de la diaspora du Caucase et le blason d’Êzdîxan aux deux paons
- Les sources arméniennes (Wikisource, Armenian Weekly, Pîrbarî) soulignent la tradition de Karbala pour le drapeau rouge-blanc
- Les sources arabes (Bahzani.net, Aljazeera AR) discutent intensément de l’étymologie Tammuz-Dumuzi pour « Tawûs Melek »
- Les sources persanes (fa.wikipedia, adyannews.com) situent le êzîdîsme comme religion iranienne occidentale pré-zoroastrienne: connotée positivement pour les Êzîdî
- Les sources turques (geziland.com, bayrakmuzesi) sont plus prudentes et politiquement réservées
- Les sources françaises (Êzîdîpress FR, Mesopotamia Heritage) soulignent l’analyse architecturale académique de Lalîš
- Les sources allemandes (Êzîdîpress DE, ZÊD, Bundestag) soulignent l’identité de la diaspora et la reconnaissance du 74e Ferman
24.3 Points de convergence essentiels
Malgré les différences d’accentuation, toutes les langues consultées convergent sur ces affirmations centrales:
- Les 7 anges des Heft Sirran sont centraux
- Le paon (Tawûsî Melek) est le symbole suprême, mais à montrer non-bleu
- Le blanc comme couleur de tenue sacrée (Cilê Spî) est universel
- Les paons-Sancak sont la forme historiquement la mieux attestée de la symbolique souveraine êzîdî
- Les 74 Fermane sont le nombre du trauma collectif
- Lalîš est le centre spirituel absolu
- Kanîya Spî est la source du baptême
- Le kiras guhorîn (changement de chemise) comme concept de réincarnation
- Prière 3 fois par jour en direction du soleil
- Le Çile (40 jours) comme période ascétique
PARTIE 25: Glossaire des termes êzîdî importants (kurmancî/êzdîkî)
| Terme | Signification |
|---|---|
| Tawûsî Melek | Ange-paon, chef des 7 Heft Sirran |
| Heft Sirran / Heft Sirr | « Sept Mystères », les 7 archanges |
| Sancak / Senjak / Sincaq | Statuette de paon en bronze, signe souverain mobile sacré |
| Tawûsgêran | Procession du paon des Qewals à travers les villages êzîdî |
| Lalîş / Lalish | Sanctuaire principal des Êzîdî, région de Mossoul |
| Şêx Adî / Sheikh Adi | Fondateur de la religion au XIIe siècle, inhumé à Lalîš |
| Mîr | Prince politique êzîdî, lignée Qatanî |
| Babê Şêx | Chef spirituel êzîdî, lignée Şemsanî |
| Pêş Imam | Maître de cérémonie, lignée Adanî |
| Şêx / Pîr / Murid | Trois niveaux de caste de la société êzîdî |
| Qewal | Chanteurs héréditaires des Qewls (hymnes), de Dimlî (kurmancî) / Tazhî (arabe), Başîqa + Bahzanê |
| Qewl | Hymne sacré, transmis oralement |
| Beyt | Vers narratif, transmis oralement |
| Mishur | Manuscrit Pîr du XIIIe siècle, 40 exemplaires |
| Çile | Période ascétique de 40 jours (hiver et été) |
| Çarşema Sor | « Mercredi rouge », Nouvel an êzîdî |
| Roja Êzî | Fête de l’Êzî (jeûne de 3 jours avant le solstice d’hiver) |
| Cejna Cemayê | « Fête de l’assemblée », 7 jours, 6–13 octobre |
| Sema Êvarî | Danse du soir avec 12 hommes en blanc autour de la torche solaire |
| Roja Reş | « Jour noir », 3 août, journée commémorative de Sinjar |
| Cilê Spî | « Vêtement blanc », tenue rituelle sacrée |
| Cilê Reş | « Vêtement noir », tenue de deuil |
| Kanîya Spî | « Source blanche », source du baptême à Lalîš |
| Zemzem | Source sacrée propre aux Êzîdî à Lalîš |
| Mor-Kirin | Baptême / initiation avec l’eau de Kanîya Spî |
| Mar-i Reş | « Serpent noir », sauveur du Déluge, à l’entrée de Lalîš |
| Dara Mirazan | « Arbre à vœux », auquel sont attachées des bandes de tissu |
| Dara Herhere / Dara Tût | Mûrier, sacré |
| Hinar | Grenade, symbole de fertilité et de mariage |
| Çira | Lampe / bougie, symbole sacré de lumière |
| Daf | Tambour sur cadre, instrument sacré |
| Şibab / Şabab | Flûte à 7 trous, instrument sacré |
| Roj / Roja | Soleil |
| Êzdan / Xwedê / Xwedawend | « Dieu » (plusieurs dénominations) |
| Heq | « Vérité / Dieu » (avec référence yarsani) |
| kiras guhorîn | « Changement de chemise » = réincarnation |
| Ferman | « Décret », dans le contexte êzîdî synonyme de génocide (72/73/74) |
| Êzîdîxan / Êzdîxan | « Pays/Maison des Êzîdî », auto-désignation du territoire de peuplement |
| Şêxsin | Şêx Hasan, personnification de la lune |
| Şêx Şems | Personnification du soleil, ange du mardi |
| Fakhr ad-Dîn | Personnification de la lune, ange du samedi |
| Sajadîn | Ange du jeudi |
| Nasir ad-Dîn | Ange du vendredi |
| Dardâ´îl | Ange du lundi |
| Mikâ´îl | Ange du mercredi |
| Izrâ´îl / Azrail | Ange du dimanche (Tawûsî Melek) |
| Berat | Sacrement êzîdî (terre compacte de lieux sacrés, souvent Lalîš), voir Tandfonline BJMES 2022 |
PARTIE 26: Chronologie datée (tous les événements importants du drapeau et des symboles êzîdî)
| Année | Événement |
|---|---|
| 1162 | Mort de Şêx Adî; la religion êzîdî prend sa forme actuelle |
| 1215–1257 | Sheref ad-Dîn ibn al-Hasan, mort en 1257/58 lors de la bataille contre les Mongols |
| 1258 | Sharfadin tombe; fondation ultérieure du temple de Sharfadin en 1274 |
| XIIIe siècle | 40 manuscrits Mishur distribués aux lignées Pîr |
| 1254 | Exécution du petit-neveu de Şêx Adî (Badr al-Dîn Lu’lu), Ferman |
| 1415 | Attaque de Lalîš par les Kurdes Sindî, Ferman |
| 1585 | Attaque de Sinjar par les Kurdes sunnites, Ferman |
| 1832–34 | Génocide de Mîrê Kor (70 000–135 000 morts), Ferman |
| 1832+ | Massacre de Bedirxan Beg, Ferman |
| 1835 | Premier Êzîde documenté sur le sol allemand (Êzîdîpress) |
| 1892 | Massacre d’Omar Wahbi Pacha; 5 des 7 Sanjaks dérobés; Lalîš transformé en madrasa, Ferman |
| 1915–18 | La cavalerie Hamîdiye tue jusqu’à 300 000 Êzîdî, Ferman |
| 1920 | Première tricolore kurde Khoybûn (rouge-blanc-vert) conçue |
| 1944 | Tahsîn Said Beg devient Mîr (75 ans en fonction) |
| 1946 | La République de Mahabad adopte la tricolore kurde |
| Années 1960 | Première migration de travailleurs invités êzîdî de Turquie vers l’Allemagne |
| Années 1980 | La tradition du Sancak-Tawûsgêran réprimée sous Saddam |
| 1991 | Le terme êzdîkî établi dans la communauté êzîdî d’Arménie |
| 1992 | Le GRK adopte le drapeau kurde avec soleil à 21 rayons (design d’Izady) |
| 2003 | Chute de Saddam; organisation politique êzîdî possible |
| 2004 | Fondation du Yazidi Movement for Reform and Progress (Amin Farhan Jejo); drapeau de parti rouge-blanc + soleil |
| 2007 | Attentats de Qahtaniyah, 73e Ferman |
| 2012 | Temple Ziyarat construit à Aknalîç, Arménie |
| 2013 | Réforme de l’alphabet êzîdî |
| 3.8.2014 | Génocide de Sinjar par l’EI, 74e Ferman; naissance du drapeau moderne blanc-rouge-blanc |
| Été 2014 | HPŞ fondé par Haydar Shesho |
| Août–déc 2014 | Bataille du temple de Sharfadin (5 mois) |
| Septembre 2014 | Querelle des drapeaux à Sharfadin: YPG vs peshmergas vs Qasim Şeşo; drapeau êzîdî établi |
| Avril 2015 | Le KDP arrête Haydar Shesho |
| 8.4.2015 | Barzani rejette un drapeau êzîdî autonome |
| 14.4.2015 | Interview de Shesho: « Notre drapeau est non négociable » |
| 16.6.2015 | Inauguration du temple de Tbilissi; le DWEG déclare le drapeau officiel |
| Novembre 2015 | Le HPŞ se renomme HPÊ |
| 11.1.2016 | Reconnaissance par les confédérations êzîdî européennes |
| 2017 | HPÊ sous commandement peshmerga; drapeau de l’autonomie démocratique de Shengal avec 7 étoiles |
| Fondation du ZÊD | 2017 en Allemagne (34 associations, confédération) |
| 28.1.2019 | Le Mîr Tahsîn Said Beg décède |
| 27.7.2019 | Hazim Tahsin Beg devient Mîr |
| 29.9.2019 | Inauguration du temple Quba Mêrê Dîwanê d’Aknalîç (plus grand temple êzîdî du monde) |
| 19.1.2023 | Le Bundestag reconnaît le génocide êzîdî |
| Mars 2023 | Le Brandeis Middle East Brief 151 documente le glissement identitaire de la diaspora |
PARTIE 27: Lacunes de recherche / Ce qui n’a pas été résolu de manière univoque
- Une source primaire univoque pour le « drapeau originel blanc à soleil jaune » avant 1832, reste une tradition communautaire. Layard (à partir de 1839) et Badger (1842–45) ne décrivent aucun drapeau textile êzîdî, mais des Sanjaks, des tenues blanches et des sanctuaires.
- Des prises de position concrètes du Mîr (Hazim Tahsin Beg) sur le nombre de rayons ou sur le choix du design du drapeau n’ont pas été trouvées.
- Le consensus sur le nombre de rayons 7 vs 21 vs 24 n’est pas résolu et ne le sera probablement pas tant que la lignée du Mîr ne procède à aucune codification.
- La thèse d’Izady sur la réincarnation en 21 jours n’est défendue que par Izady lui-même; d’autres sources propres aux Êzîdî (Spät, Allison, Kreyenbroek) ne mentionnent pas ce délai. Statut: controversé.
- L’attestation d’un drapeau pré-1832 dans les archives géorgiennes, arméniennes ou ottomanes n’a pas été recherchée systématiquement (en dehors de la Wikisource consultée).
- L’étymologie Tammuz/Dumuzi pour « Tawûs Melek »: phonétiquement plausible, linguistiquement non contraignante.
- Les sept géographies sacrées des Sanjaks étaient régionalement fluides; les frontières historiques exactes des Sanjaks « Walatê Xalta » et « Moskovî » ne sont pas reconstructibles de manière définitive.
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